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Avril, mois de Commemoration controversée.

mercredi 30 mai 2018, par webmaster

1.Introduction

Depuis la volonté manifeste du Président Pierre Nkurunziza de se maintenir au pouvoir en 2015, le pays est devenu un pays où les droits de la personne humaine ne sont plus respectés. Pour montrer à la communauté internationale que la paix règne sur tout le territoire le gouvernement et le parti CNDD-FDD ainsi que les organisations dites de la société civile ont instauré une stratégie d’organiser des événements de rencontre pour manifester et démontrer leur soutien au pouvoir en place. Ces rassemblements offrent l’occasion aux administratifs et politiques de chanter les éloges de Nkurunziza et son parti CNDD-FDD.
Le rapport du mois d’avril s’est focalisé essentiellement sur la commémoration du 24ème anniversaire de l’assassinat du Président Cyprien Ntaryamira, les différentes manifestations organisées par le pouvoir et d’autres organisations ,la vulgarisation de la nouvelle constitution en milieu scolaire dans la direction provinciale de l’enseignement de Ngozi, le congrès du parti UPRONA ,la commémoration du « génocide des Hutu de 1972 »par les victimes et la commémoration du 3ème anniversaire de ce que le pouvoir de Bujumbura appelle le « le mouvement insurrectionnel d’avril 2015, le sport de la jeunesse imbonerakure en commune Matana ainsi que d’autres événements organisés à travers les différentes provinces du pays.
2.Commémoration du 24ème anniversaire de l’assassinat du Président Cyprien Ntaryamira
La commémoration du 24ème anniversaire de l’assassinat du Président Ntaryamira survenu le 6 avril 1994 à Kanombe du retour de la Tanzanie avec son homologue Juvénal Havyarimana a été célébrée sur tout le territoire du Burundi. Cette célébration a été commencée par une messe suivie de dépôt de gerbes de fleurs sur les différents monuments de l’indépendance érigés à travers le pays avant de suivre le discours qu’a prononcé le défunt lors de son investiture en février 1994.
En province Muyinga, Les cérémonies ont débuté par une messe d’action de grâce concélébrée par son excellence Monseigneur Joachim Ntahondereye et 3 prêtres dont le curé de la paroisse Notre Dame de Lourdes qui abritait la messe. Signalons que la messe qui a été célébrée ce jour- là avait une double casquette : elle était non seulement la commémoration de l’assassinat du Président Cyprien Ntaryamira mais également la messe de clôture du forum des jeunes catholiques du vicariat de Muyinga qui avait débuté le 4 avril 2018.Pour cette raison la cathédrale était archicomble à tel enseigne qu’on pouvait même manquer où s’asseoir malgré la vastitude du bâtiment.
Dans son homélie, Monseigneur Joachim Ntahondereye a dit qu’il souhaite que le Burundi soit offert des dirigeants qui cherchent l’épanouissement de tout un chacun, sans distinction de quelque considération que ce soit.
Après la messe, une longue procession vers le monument de l’unité nationale où des gerbes de fleurs devaient être déposées a été effectuée. En effet, dans les autres jours, seules les autorités politico-administratives et celles de l’armée nationale et de la police allaient déposer des gerbes de fleurs entourées d’un petit nombre de citoyens. Mais exceptionnellement pour cette fois-là, la place était saturée grâce aux jeunes en forum.
En effet, l’Evêque a jugé bon que tous ceux qui avaient participé à la messe aillent soutenir les autorités dans cette commémoration.
A Ngozi, en commune Ngozi, les cérémonies ont débuté par une messe de circonstance célébrée à la paroisse Cathédrale de Ngozi.
Durant son homélie, l’Abbé Silas Nyandwi, curé de la paroisse cathédrale de Ngozi, a indiqué que la date du 6 avril 2018 est une opportunité de prier pour Cyprien Ntaryamira d’abord en tant que président de la République du Burundi dont la mort est survenue quand il était au service de la nation. L’abbé Silas Nyandwi a également fait savoir que c’est une occasion de prier pour la paix du Burundi et de la région et particulièrement pour les autorités du pays pour qu’ils prestent en songeant non à leurs propres biens mais plutôt pour les biens de la population pour laquelle elles sont au service.
Après la messe, les cérémonies se sont poursuivies au mémorial de l’unité de Muremera où ont été déposés les gerbes de fleurs en mémoire de feu président Cyprien Ntaryamira
Le constat est qu’il y avait peu de gens, on disait que cet événement n’était pas connu par la population.
Au chef-lieu de la commune Bubanza, les cérémonies ont débuté par une messe de requiem comme dans les autres communes.
Dans son homélie, Mgr Georges Bizimana, en se basant sur l’Évangile selon saint Marc, il a rappelé que tout le monde mourra mais que la résurrection de Jésus serve de modèle pour tout croyant : « Nous célébrons la messe pour les nôtres qui ont perdu leurs vies dans un accident d’avion présidentiel au Rwanda, comme le président Cyprien et ces deux ministres Cyriaque et Bernard. Nous prions aussi pour toutes les personnes qui ont été massacrées après cet accident. Que Dieu les accueille dans son royaume ». A-t-il continué.
Après la messe, toutes les autorités se sont dirigées au monument des héros près de la cathédrale où ils ont déposé les gerbes de fleurs sur la place réservée à Ntaryamira.
Ensuite, ils ont écouté le discours de Cyprien lors de son investiture où il interpellait toute personne, dans tous les domaines, à être disciplinée.
Avant de clôturer la commémoration, l’administrateur communal a glissé des mots de propagande en rappelant au public présent de Bubanza d’être disciplinée et de répondre massivement aux élections référendaires prévues le 17 mai 2018.
En commune Cankuzo, la participation a été trop faible et l’administrateur intime l’ordre aux chefs de zone et aux policiers de collecter une amende de 5000 francs burundais pour tous les propriétaires des kiosques, des restaurants-bar, des magasins, des boutiques de salon de coiffure, de cafétéria, dont les propriétaires n’ont pas participé à ces cérémonies.
Ainsi, l’ambiance de cette fête était couronnée de terreur. Les commerçants qui ont eu peur de ces amandes ont été obligé de fermer leurs boutiques et magasins. Le marché était quasiment fermé. Les policiers se sont pointés dans les différents axes routiers du chef lieux de la commune Cankuzo pour forcer les gens à participer à ces cérémonies.
La commémoration de l’assassinat du président Ntaryamira a été célébré de la même façon avec quelque dérapages des administratifs qui ne peuvent pas se retirer et profitent de toute occasion pour faire la propagande.

3.L’Eglise Catholique au secours de la jeunesse pendant la période électorale.

Le Diocèse de Muyinga a organisé un forum des jeunes ressortissants des différentes paroisses du Vicariat de Muyinga du 4 au 6 avril 20 sur le thème : « Urwaruka nitwubake ekleziya-muryango, duharanire amahoro n’umuvukano twisunga kristu we muntu abushitse ».L’objectif de ce forum était d’éclairer les jeunes sur le comportement qui doit les guider dans ces jours de campagne comme chrétiens.
Au cours de cette retraite plusieurs thèmes ont été traités dont celui « L’attitude de la jeunesse pendant la période électorale » et « la sauvegarde de la paix et de la sécurité, c’est la meilleure façon de construire l’Eglise-famille ».
Pendant le développement de ces thèmes, les jeunes ont été sensibilisés sur l’attitude à prendre pendant la période électorale. Selon l’orateur, l’Abbé Etienne Ndayisaba, les jeunes ne doivent pas être influencés par qui que ce soit si ce n’est que Dieu qui les a créés. Ils doivent voter ce que l’Esprit Saint leur inspire s’ils sont chrétiens. Ils ne doivent pas être influencés ni par leurs parents, leurs chefs ou leurs représentants des partis politiques.Les jeunes ont également appris les 5 étapes que, selon l’Abbé Etienne Ndayisaba, conférencier, on doit suivre pour résoudre une situation de conflit si une fois il survient :
 Identifier le type de conflit (reconnaître que le conflit existe),
 Identifier le moyen/la méthode de résolution du conflit,
 Lire /S’inspirer de la parole de Dieu,
 Demander pardon à celui qu’on a offensé ou se demander mutuellement pardon,
 Demander pardon à Dieu.
Si donc on est lésé, au lieu de recourir à la violence, il faut, en tant que chrétiens, passer par ces 5étapes a –t-il conclu.
Les jeunes se sont résolus de bien cohabités avec les autres jeunes pendant cette période électorale et être le modèle des autres pour changer l’environnement qui les entourent.

4.Campagne de médisance de la Belgique du président du Sénat en commune Mishiha, province Cankuzo.

Vendredi, 13 avril 2017, le Président de Sénat Révérien Ndikuriyo a fait une tournée en province Cankuzo plus spécialement en commune Mishiha et Kigamba.
Avant son arrivée en commune Mishiha,le modérateur animait la foule qui était là par des chansons les invitant à voter favorablement pour la nouvelle constitution. Ainsi des chansons telles que « twiyemereze ibwirizwa shingiro » c’est à dire œuvrons pour le changement de la constitution se faisaient entendre à travers une large sonorisation dans la salle de la commune. D’autres slogans qui étaient véhiculés par ces chansons étaient par exemple « ikintu iyo gishaje baragihinyanyura »c’est à dire si quelque chose est vieille il faut la retoucher.
Dans son discours d’accueil l’administrateur de la commune Mishiha Bizimana Anaclet a présenté brièvement la situation sécuritaire de sa commune. Il a saisie de l’occasion pour demander au président du sénat de plaider auprès du Président de la République en vue qu’il honore ses engagements en construisant la route Cankuzo-Mishiha jusqu’à la frontière Tanzano -burundaise comme il l’avait promis en 2015 lors de sa champagne présidentielle.
Prenant la parole à son tour le gouverneur de la Province Cankuzo Njiji Désiré a aussi dressé la situation sécuritaire de sa province qui est au bon fixe selon ses dires. Il a saisie également l’occasion pour vanter les travaux de développement corollaire à la stabilité sécuritaire.
Comme il le fait toujours lors de ces multiples descentes en province Cankuzo, le président du Sénat est revenu sur des conseils à l’endroit de la population de la commune Mishiha. Ainsi, il a demandé à la population de ne pas céder à de mauvais enseignements des politiciens comme se fût le cas en 2015.Selon lui, si le vent violent souffle se sont les faibles qui en soufflent. Mais là où ce vent violent a soufflé selon toujours le président du Sénat la majorité de la population s’est ressaisie. Il a donné l’exemple de la commune Mugamba, Mugongomanga,Matana , Mwaro,et ailleurs ou maintenant les gens sont disciplinés.
Il est revenu sur les relations entre le Burundi et la Belgique en montrant la responsabilité de la Belgique dans les conflits ethniques qui ont endeuillé le Burundi. Selon lui, les enseignements ethniques ont commencé depuis 1925 avec l’arrêté royal Belge du 21 août de la même année où la Belgique a divisé la population Burundaise en Hutu,Tutsi,et Twa en accordant les faveurs aux Tutsi. Il a dit qu’en 1945, il était difficile de trouver un Hutu dans les fonctions privilégiées de l’Etat ; seul le prince Karabona de la chefferie de Muramvya a essayé de garder les hutu dans l’administration à condition qu’ils avouent auprès des autorités belges qu’ils étaient des Tutsi.

5.Manifestation d’intimidation et démonstration de force de la ligue des jeunes imbonerakure affiliée au parti CNDD-FDD.

Comme c’est devenu une habitude, les jeunes de la Ligue ont organisé des manifestations dans différentes localités pour démontrer leur force et d’intimider ceux qui sont supposés être opposés au pouvoir en place. Les jeunes ont soit organisés des manifestations soit du sport de masse. Ces jeunes ont des fois démontré qu’ils sont au-dessus de la loi en violant les mesures prises par les autorités administratives. C’est le cas des jeunes de la province de Bururi qui ont passé outre la mesure du gouverneur.
Suite à l’interdiction par le chef de poste de police de Matana du sport qui se faisait avant 6h du matin et après 18heures qui a fait même que le Gouverneur écrive une lettre aux administrateurs communaux pour leur signifier que de tels sports sont interdits.
Après avoir entendu le communiqué, les représentants des Imbonerakure de différentes communes de Bururi se sont rencontrés à la permanence de leur parti pour préparer une démonstration de force peut être au chef de poste mais aussi au Gouverneur .
C’est ainsi que les imbonerakure de toute la province se sont donnés rendez-vous au chef lieux de la commune de Matana samedi 14 avril 2018 pour montrer au chef de poste qu’ils sont forts et les premiers sont arrivés avant 6h. Les premiers arrivants se sont rencontrés à leur permanence pour attendre les autres qui venaient d’autres communes. Ceux-ci sont arrivés après vers 7h et ont commencé à faire des courses par groupe en contournant le marché du centre Matana à plusieurs reprises avec des chansons et slogans qui font peur aux opposants comme :
 Murabaza Niyombare ayo ingabo zakoze(Demandez à Niyombare ce qu’ont fait les militaires) ;
 Niyombare yateye kuwa gatatu kuwa kane aca arara arahunga (Niyombare a attaqué mercredi et il a fui jeudi),
 Tugira tuje mu matora uwuzorukarisha ruzomumwa (Nous allons aller dans les élections,celui qui va pincer le rasoir sera le premier à être rasé)
 Sindababesha turahari ;abo bifuza kutumara na Niyombare vyaramunaniye (Je ne vous ments pas nous somme là, ceux qui veulent nous éliminer qu’ils demandent à Niyombare qui a échoué)
 Eeeh bariyo, Imana irakunda aba DD (Hummm,nous y sommes ,le Dieu aime les DD)
 Urunwarunwa ruhere (Que les dires s’arrêtent)
 Ibwirizwa shingiro ryarahinyanyuwe (La Constitution été retouchée)

Dans cette manifestation, on a remarqué que des chansons se rapportant à Niyombare étaient surtout entonnées en arrivant près des policiers composés du commissaire provincial adjoint de Bururi venu pour la circonstance et le chef de poste de Matana.
Des véhicules de l’Etat comme celui de l’hôpital de Matana, de l’hôpital Rutovu ont été utilisés dans le transport des imbonerakure.
Le même exercice d’intimidation a été réalisé en Mairie de Bujumbura en zone Cibitoke où les imbonerakure se sont rencontrés en date du 24 avril au chef-lieu de la zone pour sillonner toutes les rues en chantant des chansons comme « Uwuzorukarisha ruzomumwa,nkurunziza yaragicakiye ntazorekura (Celui qui va pincer le rasoir sera le premier à être rasé , Nkurunziza turagushigikiye (Nkurunziza nous te soutenons) ,Nkurunziza yaratabaye igihugu (Nkurunziza a sauvé le pays ),tuzorurwana kandi turuntsindi (nous allons participer à la guerre et vaincre) ».
Certains d’entre eux possédaient des gourdins, des gros bâtons (ubuhiri) mais aussi des pistolets sur leurs ceinturons militaires pour les responsables.
Arrivés sur certaines maisons soupçonnées des opposants, ces jeunes devraient s’arrêter et passer 5 à 10 minutes pour insulter les opposants dans des chansons comme Niyombare yarahemutse kuko kera yari umugumyabanga, none yacitse umumenabanga yifadikanya nibinywamaraso,uwuzorukarisha ruzomumwa ,nkurunziza yaragicakiye ntazorekura(Niyombare nous a trahi alors qu’il était un détenteur de secret ,maintenant il est devenu un traitre en collaborant avec les tueur, Celui qui va pincer le rasoir sera le premier à être rasé, Nkurunziza a pris le pouvoir et il ne le lâchera jamais).Les habitants de cette zone sont accusés de loger et nourrir les combattants qui sont déjà dans le pays pour perturber le vote de la constitution
Les habitants de cette zone ont été terrifié craignant encore une fois le pire dans cette zone étant donné que vendredi le 21avril 2018 plus de 100 jeunes avaient été arrêtés dans le seul quartier de Mutakura dans la fouille perquisition opérée par la police et l’armée.
L’intimidation par des imbonerakure et les administratifs ont également eu lieu en province Makamba dans la zone Bukeye de la commune Kibago. Le gouverneur de province Makamba Gad Niyukuri en date du 14 avril en compagnie de quelques imbonerakure de la localité a fait un tourne de jogging en entonnant des chansons comme Nkurunziza yaragicakiye ntazongera kukirekura (qui se traduit par Nkurunziza est arrivé au pouvoir qu’il ne cèdera jamais,) Amatora agira ashike uwuzorukarisha ruzomumwa ;( qui se traduit par les élections approchent celui qui pincera le rasoir sera le premier à être raser.) Les habitants de Kibago ont été scandalisés par ce comportement des administratifs jusqu’au haut niveau de la province.
6.Quand la population participe dans les travaux communautaires de peur d’être taxée d’amende.

Samedi le 14 Avril 2018 en commune Cankuzo de la province Cankuzo, les travaux de développement communautaires ont été exécutés au chef-lieu de la commune Cankuzo sur la route Cankuzo-Mishiha. Du fait que les amandes avaient été données aux absentéistes vendredi 06 Avril 2018,lors de la commémoration de la mort du président Ntaryamira Cyprien, la mobilisation a été efficace et une grande masse de la population s’y est présentée de gré ou de force. Aucune activité autre que ces travaux ne pouvait se faire : des boutiques et magasins étaient fermés. Cette mobilisation a entrainé également des élèves à ces travaux. Il s’agit des élèves du Lycée communal de Cankuzo dont on a intimé l’ordre de s’y présenter. Ainsi l’étude matinale habituelle a été supprimée et ces élèves ont effectué malgré eux ces travaux.

Figure 1 : Les élèves obligés d’effectuer les travaux communautaires
Un autre constant est que beaucoup d’autorité du parti CNDD-FDD et des chefs de services issue de ce même parti ne s’y étaient pas présentés malgré les recommandations données par le gouverneur dans une réunion des chefs de services. Seuls l’administrateur et le chef de zone ont supervisé ces travaux. Cependant la majorité des chefs de collines étaient là avec la population qu’ils avaient mobilisée. C’est alors qu’à peu près 500 personnes dont la majorité était la population paysanne, des élèves et des commerçants ont exécuté ces travaux.

Figure 2 : La population exécute les travaux communautaires sous la supervision de l’administrateur.
Après ces travaux, il n’y a pas eu de discours officiel mais l’administrateur de la commune Cankuzo Nyandwi Innocent a rassemblé la population qui venait d’effectuer ces travaux pour une communication dit-on urgente.

Figure 3 : La population reçoit les ordres de l’administrateur de la commune Cankuzo.
En effet, rassemblée devant le bureau de l’ONATEL de Cankuzo, la population a écouté les ordres de l’administrateur. Celui-ci s’est adressé aux chefs de collines pour voir s’ils s’étaient tous présents. L’administrateur a dit que ceux qui se sont absentés devront subir une sanction par paiement d’une amande comme se fût pour ceux qui n’avaient pas participé à la commémoration de la mort du président Ntaryamira. Une autre communication était de les informer de se présenter au stade de Cankuzo pour choisir eux même les vulnérables qui pourront bénéficier des aides.
7.Congrès de ralliement de l’UPRONA au CNDD-FDD pour l’enterrement de l’Accord d’Arusha par le truchement de révision de la Constitution.

Le parti UPRONA qui a participé au processus de paix d’Arusha a rassemblé les membres du comité central en date du 21 avril 2018 à la permanence nationale pour prendre position sur le référendum constitutionnel.

Figure 4 : Les membres du comité central à l’ouverture de la session.
Les dirigeants de ce parti qui étaient censés protéger l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation ont préféré se joindre au parti CNDD-FDD pour chambarder la constitution issue d’un accord difficilement signé après tant d’années de négociations.
Ainsi, à la sortie de la session le président du parti Abel Gashatsi a annoncé que le parti a pris la mesure de faire appel à leurs militants de voter « oui » au référendum du 17 mai 2018 .
Selon Gashatsi, l’essentiel des principes de l’Accord d’Arusha ont été sauvegardés dans le projet de constitution qui sera soumis au référendum raison pour laquelle il a exhorté à tous les Badasigana de voter « oui ».
Bien que le parti a pris la décision de soutenir le changement de la constitution, on remarque que les cadres du parti affiche un visage d’inquiétude sur la décision prise ce qui peut faire penser qu’ils n’ont pas mis en avant l’intérêt général mais l’intérêt sectaire.

Figure 5 : Les hauts cadres du parti UPRONA écoutant le discours de clôture de la session.
Ce parti affirmé haut et fort que l’Accord d’Arusha a été respecté alors que la plupart des signataires rejettent le processus qui n’a pas respecté l’article 299 de la constitution en vigueur qui stipule que « Aucune procédure de révision ne peut être retenue si elle porte atteinte à l’unité nationale, à la cohésion du peuple burundais, à la laïcité de l’Etat, à la réconciliation, à la démocratie, à l’intégrité du territoire de la République. »
8.Des commémorations qui divisent les citoyens.

Le mois d’avril a été marqué par des cérémonies de commémorations organisées par les associations créées par les victimes des crises qui ont eu lieu au Burundi en 1972 et en 2015.
Pour les premières, il s’agissait de commémorer le « génocide » des hutu de 1972 et pour les secondes, c’était commémorer ce qu’ils ont appelé « mouvement insurrectionnel » déclenché le 26 avril 2015.


Figure 6 : Quelques images montrant les événements de commémorations.
Ces célébrations se font au moment où il y a d’autres victimes des crises qu’a connu le Burundi qui n’ont pas droit ni au deuil ni à la commémoration des leurs ce qui montre que le gouvernement continue à diviser les Burundais.
C’est dans cette optique que la Mairie de Bujumbura a autorisé une marche-manifestation en zone Nyakabiga pour rendre hommage à Léonidas Misago,imbonerakure brûlé vif alors que d’autres victimes n’ont même le droit d’enterrer ou pleurer pour les leurs.

Figure 7 : Les membres de l’APM2015 au 10ème Av.Nyakabiga III.
Etant donné que le droit à la mémoire de victimes est un droit pour tout citoyen, le gouvernement du Burundi devrait dépolitiser ces cadres de commémoration et d’arrêter d’agréer des associations de haine.

9.Manifestation d’une association dite de la société civile pour appel à ces membres de voter « oui » au référendum du 17mai.

Vendredi, 22 Avril 2018, au stade AGASAKA de la ville de NGOZI, les membres du CODIP (Collectif des Organisations pour le Développement Intégré de la Population) en province Ngozi se sont fixés rendez- vous pour faire une marche manifestation pour la paix.
Déo Habonimana, représentant légal du CODIP, a profité de cette occasion pour prodiguer des conseils aux membres présents surtout de suivre de près les activités des politiciens et des indépendants, prendre des photos et signaler des inquiétudes à temps en tant que membres des organisations de la société civile. Ils ont été appelés à suivre régulièrement les politiciens à partir du 1er mai lors de la campagne de sensibilisation de l’électorat à voter pour le oui ou le non au prochain référendum constitutionnel.
Déo Habonimana a rappelé que toute nation est fondée sur les textes et les lois bien élaborés et c’est pourquoi selon lui, il n’y pas de raison pour voter non.
Pour ce, il a exhorté à tous les participants de voter pour le oui à ce référendum afin de renforcer le pouvoir pour lutter contre l’ingérence des Européens qui veulent profiter de la matière première, le nickel de Musongati et autres.
Il a garanti aux participants que si le référendum constitutionnel est adopté, toute la population va bénéficier de cette matière première.
10.Célébration ecclésiastique dominicale converti en campagne électorale.

Le député Gabriel Ntisezera a effectué une visite dans sa commune natale de Musigati en date du 21 et du 22 avril 2018.L’objectif de sa visite était de sensibiliser la population de sa commune de voter le projet de la nouvelle constitution qui fera objet de référendum le 17 mai 2017.
Ainsi, il a profité des travaux communautaires organisés sur la colline Buhurika en commune Musigati par les élus et le gouverneur de la province Bubanza Tharcisse Niyongabo pour battre la campagne du oui bien que la période de la campagne n’était pas encore ouverte par la CENI. Il a appelé à la population de répondre massivement aux élections référendaires prévues le 17 mai et de voter oui pour se désolidariser avec les ennemis de la nation et de recouvrir définitivement l’indépendance.
Comme si son message n’avait pas arrivé à tous les destinataires, il s’est servi de son séjour pour se joindre aux chrétiens de la Paroisse Christ-Roi de Musigati pour célébrer ensemble la messe dominicale du 22 avril.
En marge de la messe dite par l’Abbé George Ndayiragije curé de cette paroisse, il a accordé en pleine messe à l’honorable Gabriel Ntisezerana un moment pour saluer les chrétiens mais les salutations ont changé en campagne électorale non déguisée.
Dans son discours, l’ex patron du sénat a fait une campagne électorale en demandant aux chrétiens de répondre massivement très tôt le matin aux élections référendaires prévues le 17 mai pour voter « OUI »et de contribuer pour les élections prévues en 2020."murazinduke hakiri kare muje gutora « EGO » ibwirizwa shingiro rihinyanyuye Hama muce muja kubikorwa vyanyu kandi muzongere muterere amatora yo muri 2020."A-t-il prononcé.
Certains chrétiens n’ont pas été satisfaits par cette campagne électorale menée dans un lieu apolitique et se sont demandé s’il n’y avait pas de complicité avec le Curé de la paroisse. Cette confusion du pouvoir temporaire et du pouvoir spirituel met du mal au chrétiens qui des fois sont dans l’impasse.
11.Conclusion.

Le mois d’avril 2018 a été marqué par plusieurs événements que ce soit au niveau national qu’au niveau local. En effet, ces événements ont un point commun pour ce mois c’est à la sensibilisation de la population sur le vote de la nouvelle constitution. Ainsi, nous avons remarqué que tout rassemblement organisé soit par le pouvoir, soit par la société civile ou même l’Eglise catholique offre une occasion de glisser un mot de propagande pour le vote de la nouvelle constitution. L’exemple du député Gabriel Ntisezerana élu dans la circonscription de Bubanza démontre que les autorités du pays n’hésitent plus à faire de la politique dans les milieux censés être apolitiques comme l’Eglise.
Au cours de ce mois, les survivants et victimes des crises qui ont endeuillé le Burundi durant plusieurs décennies regroupés dans différentes associations et collectifs ont organisé des journées de mémoire tout en qualifiant les événements comme bon les semblent alors que l’ONU est la seule placée pour qualifier certaines crimes comme le Génocide. Ces commémorations divisent les Burundais d’autant plus ce qu’une seule catégorie de victimes a droit à la commémoration alors que d’autres n’ont plus même le droit de deuil. Les discours et slogans utilisés pendant ces manifestations ou réunions ne sont pas rassurants et ne font que réveiller les démons de divisions et une partie de la population se voit étranger dans leur pays. Cela se ressent par exemple dans les discours qu’a prononcé le président du sénat Révérien Ndikuriyo à Mishiha en rappelant les communes qu’il qualifie de contestataires qui ont été déjà corrigées selon lui. Cette autorité affirmée haut et fort que l’indépendance du Burundi date de 2015, date à laquelle il y a eu beaucoup de morts ce qui veut dire que tous les assassinats étaient guidés par la recherche de l’indépendance. Il va loin en affirma que l’indépendance sera effective avec l’adoption de la nouvelle constitution.
12.Les recommandations.

 Le gouvernement doit :
 Arrêter de propager les discours de la haine ;
 Suspendre les associations qui divisent les Burundais ;
 Respecter les milieux apolitiques ;
 Déverrouiller l’espace public à tous les acteurs politiques
 Arrêter le processus de changement de la Constitution de la République du 18 mars 2005 ;
 Respecter l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation.

 A la communauté internationale de :
 Soutenir toutes les initiatives de paix initiées par les Burundais ;
 Contraindre par tous les moyens le président du Burundi à revenir sur la table de dialogue ;
 Respect au côté du peuple burundais en détresse.
 Aux Curés des Paroisses à la société civile de :
 S’abstenir de donner la parole aux politiciens en pleine messe ;
 Jouer pleinement leur rôle de pasteurs de tous ;
 Rester porte-parole des sans voix.

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