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MOIS DE CONTESTER LA VERITE

mardi 10 avril 2018, par webmaster

Résumé exécutif

Le Burundi vit une période tourmente depuis avril 2015 suite à l’avide du pouvoir de Pierre Nkurunziza qui s’est maintenu au pouvoir en violation de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation et la Constitution de la République du Burundi. La violation de ces instruments qui avaient donné espoir au peuple burundais a eu des conséquences néfastes sur la vie de la nation toute entière.
En effet, depuis le 26 avril 2015, les Burundais vivent dans le désarroi total suite aux violations des droits de l’homme qui sont commises par les corps de défense et de sécurité, la milice imbonerakure et certains des administratifs. Suite à ces violations graves des droits de l’Homme, une commission d’enquête a été mise en place par le Conseil des Nations Unies des droits de l’Homme le 30 septembre 2016. Cette commission a été décriée par le gouvernement du Burundi depuis sa mise en place et a refusé toute collaboration avec elle. Ainsi, le gouvernement a contesté tous les rapports sortis par la commission depuis la note verbale au rapport définitif sorti le 4 septembre 2017.
Dans ce rapport du mois de septembre, nous nous sommes intéressés sur les différentes manifestations organisées tout au long du mois de septembre pour contester le rapport des experts des Nations Unies et la résolution initiée par l’Union Européenne.
A côté des manifestations, des déclarations et communiqués de presse ont été publiés par le gouvernement, les organisations dites de la société civile, les partis politiques et le forum des femmes et des jeunes.
Au lieu de laisser la population vaquer à leurs activités quotidiennes, le gouvernement et le parti CNDD-FDD ont préféré mettre la population dans les rues pour montrer qu’elle est contre ce rapport et que la paix règne au Burundi.
Dans certaines localités du pays, la population est contrainte de participer de peur d’être maltraitée ou d’être rayée sur les listes des pauvres à aider. C’est le cas de Bubanza où la population affirme qu’elle y va de peur d’être rayée sur la liste des indigents.
Ce rapport du mois de septembre revient également sur les différents slogans et chansons utilisés par les manifestants comme «  turiyamirije amashirahamwe ya ONU ajejwe agateka ka zina muntu. Turiyamirije ama raporo mpuzamakungu yama aza aratyoza Uburundi,abwambika ibara ngo inganda ziratikiye. Nta maraso ariko araseseka, baraza barabe ! » (Nous nous insurgeons contre les organes de l’organisation des Nations Unies en charge des droits de l’homme. Nous dénonçons les rapports internationaux qui ternissent le Burundi, en disant qu’il y a les assassinats. Il n’y a pas de sang qui coule, qu’ils viennent voir). Ces slogans sont utilisés pour montrer à la population que tout va bien malgré les différents rapports qui font état de l’insécurité dans le pays. Le rapport critique les discours des différentes autorités notamment le secrétaire général du CNDD-FDD, Evariste Ndayishimiye et l’assistant du ministre de l’intérieur et de la formation patriotique, Térence Ntahiraja.
Selon Evariste, le rapport a pour objectif de faciliter aux grandes puissances et à l’ONU de l’envoie de 228 policiers pour arrêter et envoyer à La Haye les dirigeants du Burundi. Il a fait savoir qu’ils vont les combattre et célébrer la victoire dans deux heures seulement, « je conseille aux Nations Unies de ne pas valider ce rapport biaisé des experts, sinon ce sera la fin de cette grande organisation car nous résisterons jusqu’à notre dernière énergie » « …et l’ONU saura qui est le CNDD-FDD » a-t-il martelé.
Le rapport revient sur les manifestations organisées par le forum des femmes à Bujumbura pour contester le rapport et demander au gouvernement de porter plainte contre les 3 experts qui sont qualifiés, selon elles, comme des mercenaires qui veulent déstabiliser les institutions élues.
A part les manifestations, des communiqués et déclarations ont fougé de partout pour contester ce rapport : c’est le cas de la CNIDH et le forum des partis politiques qui ont contesté le rapport en faisant fi au refus du gouvernement de coopérer avec la commission.
Le rapport montre aussi les manifestations organisées par le pouvoir le 30 septembre 2017 pour remercier les pays qui ont soutenu la résolution initiée par le groupe-Afrique mais aussi s’insurger contre la résolution de l’Union Européenne.
Selon Térence Ntahiraja, le gouvernement du Burundi n’acceptera jamais la résolution de l’Union Européenne et il a profité de cette occasion pour faire un clin d’œil à la CPI de ne pas tomber dans le piège des occidentaux et par voie de conséquence causer le désordre en Afrique.
En conclusion, le RCP trouve que le rapport des experts des Nations Unies et les deux résolutions adoptées par le Conseil des Nations Unies des droits de l’Homme font peur au parti CNDD-FDD et les différentes autorités du pays. Ainsi, ces derniers ne dénoncent pas le contenu du rapport mais évoquent que d’autres crimes ont été commis depuis l’indépendance. Ceci transparait dans les différents discours prononcés par les gouvernants en revenant sur les différentes dates noires comme 1961, 1965, 1972, 1988,1993.Ces derniers font fi à l’Accord d’Arusha qui a préconisé des mécanismes d’enquête sur les crimes connus dans l’histoire du Burundi. La Commission Vérité et Réconciliation qui devait s’en occuper est embrigadée par ce même pouvoir.
Compte tenu de ce qui précède, Le RCP émet des recommandations :
Au gouvernement du Burundi de :

  • Coopérer avec la commission d’enquête des experts des Nations Unies ;
  • Laisser d’utiliser les moyens de l’Etat dans des manifestations inutiles organisées par le parti CNDD-FDD ;
  • Ne pas obliger la population d’aller dans des manifestations alors qu’elle ne comprend même pas le contenu du rapport ;

A la société civile proche du pouvoir et la CNIDH de :

  • Jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir
  • Etre indépendante conformément à la loi n°1/04 du 5 janvier 2011 régissant la CNIDH

1. Introduction
Un rapport des experts des Nations Unies qui ont enquêté sur les violations des droits de l’homme au Burundi depuis avril 2015 sorti le 4 septembre 2017 a été l’élément déclencheur des manifestations du mois de septembre. C’est d’habitude que le gouvernement du Burundi organise des marches manifestations pour soutenir ou contester un tel ou tel autre rapport, mais le rapport des experts des Nations Unies a pris tout un mois de contestation. La société civile, les partis politiques de l’opposition pro-gouvernementale, la Commission Nationale Indépendante de Droit de l’Homme (CNIDH), le parti au pouvoir CNDD-FDD, le Forum National des Femmes et le gouvernement ont passé tout un mois pour le contester par des manifestations et communiqués etc. Dans ce rapport du mois de septembre, le Réseau des Citoyens Probes (RCP) s’est focalisé sur les manifestations et déclarations faites ayant le seul objectif de condamner le rapport des experts des Nations Unies et la résolution initiée par l’Union Européenne.
2. Manifestation du 2 Septembre 2017
En date du 2 septembre, les organisations de la « société civile » proche du pouvoir comme ONELOP, Ligue IZERE, AJAP, CODIP, ACOPA, SOCIC etc. ont organisé une marche manifestation pour condamner le rapport des experts des Nations Unies sur le Burundi pour les graves violations des droits de l’homme commises au Burundi. Cette marche manifestation a été organisée dans plusieurs provinces du pays comme Bujumbura, Ngozi, Muyinga, Bubanza et Cankuzo.
a. En Mairie de Bujumbura
Samedi le 2 septembre, les organisations de la société civile proche du pouvoir ont organisé une marche manifestation en Mairie de Bujumbura. Selon les manifestants « le Burundi n’acceptera jamais des rapports biaisés  » scandaient- ils. Ils condamnaient les experts des Nations Unies qui ont enquêté sur le Burundi qu’ils n’ont jamais posé leurs pieds sur le sol burundais et que leur enquête s’est basée sur les témoignages des victimes regroupés dans des cas de réfugiés. D’après ces organisations, ceux qui soutenaient l’envoie des casques bleus sont des mercenaires. Comme d’habitude, ils n’ont pas manqué à condamner les putschistes et ont demandé au gouvernement du Burundi de les traduire en justice.
b. En province de Cankuzo
Samedi le 2 septembre 2017, il y a eu des travaux communautaires comme d’habitude au centre Cankuzo. Mais des travaux mobilisés à une grande échelle parce que toutes les structures étaient représentées : la population, les fonctionnaires, les directeurs des écoles, les représentants des associations de la société civiles, les représentants du parti CNDD-FDD et des ligues affiliées à ce parti. Dans l’objectif de continuer la mobilisation à ces travaux, le conseiller de l’administrateur de Cankuzo, Philippe Nduwayo a mis une barrière sur la route reliant la province de Cankuzo et Ruyigi pour arrêter tous les passagers et les oblige à effectuer les travaux communautaires. L’objectif principal qui se cachait derrière était la manifestation prévue après ces travaux. Cependant, la marche manifestation qui était prévue et déjà annoncée n’a pas eu lieu, les participants se sont dirigés vers le stade pour écouter le discours du jour.
Alors que les manifestations étaient organisées par les organisations dites de la société civile, à Cankuzo, le discours de circonstance a été prononcé par l’administrateur communal de la commune Cankuzo monsieur Nyandwi Innocent en lisant le message sur son téléphone portable. La déclaration est revenue sur certains événements tragiques qui ont endeuillé le Burundi comme 1962, 1965, 1972, 1988,1993 où on trouve selon ces associations des fosses communes dans lesquelles se trouvent les burundais péris dans ces événements. Le discours s’insurgeait contre les trois experts de l’ONU qui ont fait le rapport. Ces associations les accusent de copier des rapports antérieurs sur le Burundi parce qu’ils n’ont pas mis leurs pieds au Burundi et ont travaillé sur les propos de « Bampemayuzuye ». La déclaration met en garde le HCR qui continue à refuser le rapatriement volontaire des réfugiés burundais sous prétexte qu’il n’y a pas de sécurité au Burundi.
c. En province de Muyinga
A Muyinga, le rassemblement a commencé vers 7 heures au rond-point du quartier Mukoni et le départ pour le centre-ville a eu lieu vers 8 heures. Les manifestants scandaient des slogans comme « turiyamirije amashirahamwe ya ONU ajejwe agateka ka zina muntu. Turiyamirije ama raporo mpuzamakungu yama aza aratyoza Uburundi,abwambika ibara ngo inganda ziratikiye. Nta maraso ariko araseseka, baraza barabe ! » (Nous nous insurgeons contre les organes de l’organisation des Nations Unies en charge des droits de l’homme. Nous dénonçons les rapports internationaux qui ternissent le Burundi, ceux qui disent qu’il y a les assassinats il n’y a pas de sang qui coule, qu’ils viennent voir). Et sur les banderoles étaient écris «  Twebwe urwaruka rw’i Muyinga turiyamirije iraporo y’irementanya yashikirijwe n’abiyita abahinga ba ONU ku Burundi » (Nous la jeunesse de Muyinga, nous nous insurgeons contre le faux rapport produit par les experts de l’ONU sur le Burundi). Le mot de circonstance a été prononcé par le représentant du forum des jeunes monsieur Cyprien Havyarimana qui a qualifié le rapport de l’ONU comme des accusations injustes qu’on attribue sur Burundi. Selon lui, les violations graves des droits de l’homme, les exécutions extrajudiciaires et autre tueries ne sont que de purs mensonges car la paix règne au Burundi en témoigne la libre circulation sur tout le pays.
d. En province de Ngozi
Comme dans les autres provinces du Burundi, une marche manifestation a été organisée à Ngozi par des organisations de la « société civile » pour contester le rapport des experts de l’ONU. Les manifestants scandaient des slogans comme :
Abansi b’amahoro na demokarasi mu Burundi turabiyamirije (Nous insurgeons contre les ennemis de la paix et de la démocratie au Burundi) ;
Raporo zose zuzuye ibinyoma n’irementanya ku Burundi turaziyamirije, abakamisha ibinyoma n’amarementanya turabiyamirije (Nous nous insurgeons contre les faux rapports sur le Burundi, nous dénonçons ceux qui profitent des mensonges) ;
Turiyamirije akarwi k’inkorabara kashatse gusenyura ubutegetsi kw’igenekerezo rya 13 Rusama 2015 (Nous nous insurgeons contre les putschistes qui ont tenté de renverser le pouvoir en date du 13 mai 2015) ;
Turasavye ishirahamwe rya EAC ridufashe ibihugu vyose bicudikiye abashatse gusenyura intwaro yitorewe n’abenegihugu bibarungikire ubutungane bw’Uburundi (Nous demandons à l’EAC d’intimer l’ordre à tous les pays qui hébergent les putschistes de les extrader à la justice du Burundi) ;
Turiyamirije ingingo zose z’agahotoro zizofatwa n’inama nkuru ya ONU ku Burundi izoba kuva itariki ya 11 gushika Kw’itariki ya 29 Nyakanga (Nous insurgeons contre toutes les résolutions du conseil des droits de l’homme qui se tiendra du 11 au 29 septembre 2017).
Arrivés au stade Agasaka, le mot de circonstance a été prononcé par Balthazar Bareke représentant du CODIP. Dans son discours, il a fait savoir que les experts de l’ONU n’avaient d’autres objectifs que celui de ternir l’image du Burundi et de ses institutions pourtant démocratiquement élues. Dans ce même discours, Balthazar se demandait où étaient les Nations Unies et pourquoi cette organisation n’a pas secouru le Burundi durant les tragédies qui ont endeuillé le Burundi. Quant à Dieudonné Hiboneye, conseiller principal du gouverneur de Ngozi, il a salué cet acte et les a invités à rester vigilants. Il a fait savoir aux participants qu’au niveau du gouvernement les mêmes marches manifestations se sont organisées à maintes reprises pour dénoncer ces rapports. Des rapports qui produisent des contenus qui n’ont rien avoir avec la réalité sur terrain au Burundi, poursuivait-il.
e. En province de Bubanza
Dans la province de Bubanza, une marche manifestation a été organisée au chef-lieu de la commune Bubanza. Les jeunes Imbonerakure venus de toutes les communes avaient répondu à cette manifestation. La marche a commencé au stade sportif jusqu’au marché de Bubanza. Des chansons et slogans insultant l’ONU et l’Union Européenne ont été entonnés. Arrivés au marché de Bubanza, le chef de la zone Bubanza a pris la parole pour remercier les participants. Quant à l’administrateur de la commune Bubanza, monsieur Kazoviyo François a remercié ceux qui ont participé dans cette manifestation et a fait savoir que le Burundi n’acceptera jamais la venue des forces onusiennes et que le Burundi est souverain raison pour laquelle l’ONU ne peut décider sans l’accord du gouvernement. Les cérémonies ont été clôturées par le discours du représentant de l’ONELOP en province de Bubanza, monsieur Selemani. Il a montré l’objectif de cette manifestation qui est de demander à l’ONU de rendre nul le rapport produit par les trois experts sur le Burundi.
Les organisations de la société civile proche du pouvoir ont organisé une marche manifestation contre un rapport qui n’était pas encore sorti (le rapport des experts des Nations Unies a été sorti le 4 Septembre 2017).
Peut-on se tromper en affirmant que la marche manifestation du 2 septembre 2017 était organisée par le gouvernement et le parti CNDD-FDD au lieu des associations ?
Il est difficile de comprendre comment une marche manifestation organisée par les organisations de la société civile soit composée par la majorité des membres du CNDD-FDD et surtout les représentants de ce parti et des ligues affiliés. Dans toutes ces manifestations, les participants étaient composés essentiellement par les membres du CNDD-FDD surtout les jeunes imbonerakure, les organisateurs de ces manifestations étaient les autorités administratives. Le cas de la province Cankuzo, Bubanza et Ngozi montre à suffisance que les manifestations étaient organisées par le gouvernement. A part que les autorités s’occupent de la faisabilité de ces manifestations, l’administrateur de la commune Cankuzo a lu lui-même le discours de circonstance. Qui peut croire que des organisations qui réussissent à mobiliser les manifestants à grande échelle comme s’est produit, puissent manquer un représentant capable de prononcer un discours de circonstance jusqu’à ce qu’il soit prononcé par l’administrateur communal.
3. Manifestation du 9 septembre à Bururi
A Bururi, précisément en commune Matana, le Conseil National de la Jeunesse a organisé une marche manifestation contre le rapport des experts de l’ONU. La mobilisation a été faite par les chefs des zones et des collines, les jeunes imbonerakure et les policiers qui obligeant la fermeture de route et des boutiques et certains recevaient des coups de bâton pour rejoindre les manifestants. Ils scandaient les slogans comme : raporo turayiyamirije,basesankuyoze turabiyamirije,abanyamahanga turabiyamirije,…. Le mot de circonstance a été prononcé par l’administrateur communal de Matana Madame Agathe Nduwimana. Dans son discours, elle est revenue sur les différents événements qu’a connus le Burundi mais qui n’ont jamais connu d’enquête raison pour laquelle elle s’insurge contre le rapport des Nations Unies. Signalons que même des enfants de moins de 10 ans participaient dans ces manifestations. Ce qui est bizarre est que les manifestations organisées par le Conseil National de la Jeunesse se voient changer en meeting du parti politique d’autant plus que le discours a été prononcé par l’administrateur communal.
4. Manifestations des femmes membres du Forum National des Femmes du 9 septembre 2017.

Figure 1 : Quelques slogans des manifestantes
Sous l’appel du Forum National des Femmes (FNF) et les femmes élues au parlement et au sénat, les femmes venues de toutes les provinces du pays se sont rencontrées à Bujumbura pour dénoncer le rapport des experts des Nations Unies sorti sur le Burundi. Ces dernières avaient des pancartes où on pouvait lire que ces experts sont des mercenaires qui travaillent pour l’occident et demandaient au gouvernement du Burundi de les traduire en justice.
Certaines femmes qui ne savent ni lire ni écrire avaient des affiches écrits soit en Kirundi ou en français dont elles sont incapables d’interpréter le contenu.

Figure 2 : Les femmes montrent leur mécontentement

Figure 3 : Les femmes exhibent les pancartes

Figure 4 : Les femmes élues en manifestation
Protestant contre ce rapport, des slogans comme :

  • Les experts de l’ONU sont des menteurs, nous dénonçons leur rapport ;
  • La justice burundaise travaille dans l’indépendance totale, les corps de défense et de sécurité protègent convenablement le peuple burundais ;
  • Le rapport de l’ONU, un « complot de l’occident », ont été scandés devant les bureaux de l’Union européenne.

Signalons qu’en marge de cette manifestation de ce forum contre le rapport de la commission d’enquête du conseil des droits de l’homme de l’ONU sur le Burundi, Madame Ménedore Nibaruta vice-présidente a tenu un point de presse où elle a salué la « clairvoyance » de l’Union Africaine (UA) sur la situation burundaise, qui à travers le Commissaire chargé de la paix et de la sécurité à l’UA, Smaïl Chergui, a déclaré que l’UA s’oppose à l’ouverture d’une enquête sur le Burundi par la CPI sise à la Haye (Pays-Bas) conformément à un appel récent de cette juridiction internationale fondée sur le « Statut de Rome ».
Selon toujours Ménedore, le Forum National des Femmes burundaises demande aux membres de cette commission onusienne, de « se ressaisir en menant l’enquête de façon impartiale, objective et professionnelle » en approchant toutes les sources impliquées. Elle oublie le refus catégorique du gouvernement de coopérer avec les membres de la commission depuis sa création.
Il est inconcevable de voir des mères qui sont manipulées pour refuser le rapport des exactions commises à l’endroit de la population essentiellement les filles et femmes qui sont toujours violées. Pire encore est de voir les soi-disant élues du peuple contester un rapport qui met en exergue le malheur du peuple dont elles sont supposées représenter et en conséquence plaider pour son bien-être et le protéger.

5. Conférence publique du 11 septembre animée par le Forum des partis politiques

Le Forum des partis politique dit de l’opposition (SAHWANYA FRODEBU Nyakuri, UPRONA, FNL), a organisé une conférence publique le 11 septembre 2017 pour montrer « les anomalies » que comporte le rapport de la commission d’enquête des experts des Nations Unies. Dans cette conférence, le président du SAHWANYA FRODEBU Nyakuri, Kefa Nibizi a fait savoir que selon ses analyses, le rapport manque le principe du contradictoire ; la commission n’a pas contacté les présumés auteurs des crimes et que cela montre à suffisance que ce rapport est biaisé et ne manifeste pas de signes de crédibilité. D’après Jacques Bigirimana président du parti FNL, les enquêteurs se sont penchés sur des victimes et ont consulté seulement les réfugiés se trouvant au Rwanda et ceux de la Tanzanie n’ont pas été écoutés. Selon Déogratias Nsanganiyumwami président du PIEBU, la commission devrait être prudente dans la qualification des présumés auteurs et devrait s’abstenir d’indexer les forces de l’ordre et de sécurité. Il n’a pas compris pourquoi les organisateurs du mouvement « Halte au troisième mandat » n’ont pas été cités parmi les auteurs des violences. Concilie Nibigira du parti UPRONA quant à elle, a fait savoir que le rapport divise les forces de défense et de sécurité sur base ethnique et sur leur provenance. Elle regrette pourquoi le rapport n’accuse nulle part les présumés auteurs du coup d’Etat. Ces membres du forum demandaient en conclusion au gouvernement de ne pas considérer ce rapport.
Les représentants de ces partis politiques dits de l’opposition n’ont pas osé dénoncer le refus du gouvernement de coopérer avec la commission mais se sont contentés de rejeter le rapport de la commission.
6. Conférence publique animée par la CNIDH

Lundi le 11 septembre 2017, Jean Baptiste Baribonekeza, Président de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’homme a tenu une conférence publique au siège de cette commission. Dans son discours, il a invité la communauté internationale à ne pas considérer le rapport de la commission d’enquête sur le Burundi comme un rapport final et concluant mais plutôt comme une invitation au dialogue sur son contenu. Il déplore que la commission d’enquête refuse d’examiner et de fournir des informations détaillées sur les violences et atteintes des droits de l’homme commises par les groupes armés de l’opposition. Il indique que ce rapport mérite d’être rejeté par le fait que les membres de la commission n’ont pas mis leurs pieds au Burundi et la justice burundaise n’a pas encore échoué. Le président de la CNIDH appelle à la commission d’enquête sur le Burundi à communiquer avec les instances nationales et de donner des informations en sa possession notamment la liste des auteurs présumés d’atteintes aux violations des droits de l’homme. Il demande à la Cour Pénale Internationale(CPI) de ne pas se laisser influencer et de clôturer l’examen préliminaire afin de laisser la justice burundaise s’occuper de toutes les plaintes sur les crimes commis au Burundi .
Le président de la CNIDH demande une chose et son contraire, il demande à la communauté internationale et au gouvernement du Burundi de ne pas prendre en considération le rapport mais en même temps de communiquer les présumés auteurs pour que la justice burundaise s’en occupe. Il est honteux que la CNIDH, une commission dite indépendante des droits de l’homme se comporte de telle manière : se taire lorsqu’il y a la violation des droits de l’homme et le pire, prendre le devant dans la contestation du rapport produit par la commission d’enquête des Nations Unies, un rapport qui montre la situation réelle des droits humains au Burundi.
7. Manifestation du 12 septembre 2017 à Musigati

Mardi le 12 septembre 2017, le président de l’Assemblée Nationale monsieur Pascal Nyabenda accompagné par les députés élus dans cette circonscription s’est joint à la population de la commune Musigati dans les travaux communautaires pour bétonner les salles de classe qui sont en cours de construction. En prenant la parole, Pascal Nyabenda a remercié les élèves qui ont fait des travaux en vacances et a saisi l’occasion pour distribuer les cahiers à ces élèves. Mais son discours s’est articulé surtout sur le rapport des experts de l’ONU. Il a expliqué à la population que le gouvernement n’acceptera jamais le faux rapport qui accuse injustement le gouvernement du Burundi d’avoir violé les droits humains. Après ce discours, on a procédé à la distribution des vivres et des pagnes aux femmes indigentes. Cependant, ces bénéficiaires ont été obligés de manifester contre le rapport des experts des Nations Unies. La manifestation a débuté à l’école Fondamentale de Musigati où ils suivaient le discours jusqu’au marché de Musigati en répétant un seul slogan « turiyamirije raporo y’ibinyoma ya ONU » (nous nous insurgeons contre le faux rapport de l’ONU).
8. Manifestation du 16 septembre 2017 organisé par le parti CNDD-FDD
Le samedi 16 septembre, le parti au pouvoir CNDD-FDD a organisé une marche manifestation en mairie de Bujumbura pour protester contre le rapport publié par les experts de l’ONU. Les membres du CNDD-FDD venus de tous les coins du pays, les jeunes imbonerakure, les membres des organisations dites de la société civile proche du pouvoir, les taxis vélos, des pick up des policiers, des camionnettes des différents administrateurs de la mairie de Bujumbura, des véhicules des sociétés paraétatiques comme la Mutuelle, OTB, ont emprunté tous les axes principaux de la mairie de Bujumbura avant de se rassembler au cercle hippique qui se trouve dans la commune Mukaza.

Figure 5 : Les véhicules de l’Etat utilisés dans les manifestations.
Ils entonnaient des chansons comme « Nkurunziza turagushigikiye »(Nkurunziza nous te soutenons), « Nkurunziza yaratabaye igihugu »(Nkurunziza a sauvé le pays), « tuzorugwana kandi turutsinde » (nous allons faire la guerre et vaincre),etc.

Figure 6 : Les manifestants en marche
Dans son discours, le secrétaire général du CNDD-FDD, Evariste Ndayishimiye a rappelé les bagumyabanga venus de différentes régions du pays, qu’ils sont venus pour protester contre le rapport de l’ONU.

Figure 7 : Les manifestants suivent le discours du secrétaire général du CNDD-FDD.
Selon Evariste, le rapport a pour objectif de faciliter aux grandes puissances et à l’ONU l’envoie de 228 policiers pour arrêter et envoyer à La Haye les dirigeants du Burundi. Il a fait savoir qu’ils vont les combattre et célébrer la victoire dans deux heures seulement, « je conseille aux Nations Unies de ne pas valider ce rapport biaisé des experts, sinon ce sera la fin de cette grande
organisation car nous résisterons jusqu’à notre dernière énergie » « …et l’ONU saura qui est le CNDD-FDD » a-t-il martelé. « Urugamba umuganwa atari umugani Rwagasore Louis yatanguye muri 1958, uyu mwaka tugira turusozere Uburundi bugira bwikukire, …. Abatari bazi CNDD-FDD uno munsi bagira bayimenye iyariyo kandi bazoyitinya kw’isi yose,uyu musi haragezeko bamenyako CNDD-FDD yamuka mu rupfu hanyuma yazuye abarundi bari baracuzwe bufuni na buhoro. »
(Le combat que le Prince Louis Rwagasore a commencé en 1958, nous allons le clôturer aujourd’hui et le Burundi va être indépendant,….Ceux qui ne connaissaient pas encore le CNDD-FDD vont le connaître et auront peur de lui. Le CNDD-FDD a ses origines dans la mort et il est venu pour sauver le Burundi).
Le secrétaire National du parti CNDD-FDD accuse l’Organisation des Nations Unies de ne jamais intervenir lorsque la Belgique a colonisé le Burundi et surtout qu’elle était derrière cette colonisation « Isharahamwe mpuzamakungu ONU ryaratugomoreyeko ababiligi batwica ribona, barateranya abarundi ;baduta mu manga, barihagira ivyacu, none uno munsi bagomba kurihenda ribe ariryo rija imbere. Twaje kugirango turibwire abo turi kugira ribimenye n’ejo n’ejobundi ntihagire abasubira guhenda iryo shirahamwe mpuzamakungu ».
Evariste Ndayishimiye compare le CNDD-FDD avec Jésus Christ « CNDD-FDD niyo Imana yatumye kurokora Uburundi,… Imana yaratoye Uburundi ica ica ku bagumyabanga ba CNDD-FDD kugirango Uburundi burokoke…..Mubonye ababihinduka kururu rugendo turimwo ntimutangare, Yezu yari umwana w’Imana, mu bantu 12 yatwara harabonetsemwo uwumugura,mbega twebwe turi abana b’abantu kandi dutwara imiliyoni n’imiliyoni nitwe atawotwihakana ?... » (Le CNDD –FDD a été envoyé par Dieu pour sauver le Burundi, le Dieu a choisi le Burundi et pour le sauver il a passé par les Bagumyabanga, ne soyez pas surpris si vous voyez qu’il y a ceux qui dévient même Jésus qui était le fils de Dieu a été vendu par un de ses 12 disciples, comment alors nous qui avons des milliers de personnes à gouverner ne puisse pas y avoir ceux qui nous détestent ?...)
« Iyaba ishirahamwe ONU ryafadika nari kuryibariza ikibazo kandi ryari kunyishura ; ubu ririteguriye kwica aba bantu bose mbona ? Bazodushobora ?Abanyagihugu ntituneshwa barabibonye muri 2015, ntihagire rero uwudutera ubwoba Uburundi butegerezwa gukira kandi nitwe tuzobukiza » ( Si l’ONU était saisissable, j’allais lui demander une question et elle allait me répondre, est-elle prête à tuer toutes ces personnes que je voie ?est-elle capable ?le peuple n’a jamais était vaincu, ils l’ont vu en 2015,que personne ne nous fait pas peur ,le Burundi doit guérir et c’est à nous de le guérir. »
A travers ce discours du secrétaire général du parti CNDD-FDD, on constate la peur de la justice internationale suite aux atrocités commises mais aussi la terreur affichée envers la population pour rester derrière ce parti.
9. Manifestation du 16 septembre 2017 dans la commune Nyamurenza

Samedi le 16 septembre 2017, les jeunes imbonerakure de la commune Nyamurenza de la province Ngozi ont organisé une marche manifestation de démonstration de force et de contestation du rapport des experts des Nations Unies. Les manifestants scandaient des slogans comme « turiyamirije ivyegeranyo vy’amarementanya bikorwa n’ibihugu vyunze ubumwe bwa buraya na ONU ku gihugu c’Uburundi » (nous nous insurgeons contre ces faux rapports des pays de l’Union Européenne et de l’ONU sur le Burundi). Dans son discours, le leader des jeunes imbonerakure à Ngozi a fait savoir qu’ils ont organisé la marche manifestation pour trois raisons :

  • sensibiliser les jeunes imbonerakure à se regrouper dans des associations pour accroître l’économie du pays ;
  • Faire une cohésion sociale avec les jeunes des autres partis politiques ;
  • Contester le rapport des experts des Nations Unies sur le Burundi ;

Pour Bosco Ndayishimiye, les imbonerakure sont la jeunesse du parti CNDD-FDD qui manifestent leur force dans la construction des maisons, des écoles, des hôpitaux, bref dans la construction du pays. Ils ne sont pas des milices comme le pensent l’Union Européenne et les Nations Unies dans leurs rapports sur le Burundi.
10. Manifestations de remerciement aux pays qui ont soutenu le Burundi du 30 septembre 2017

Consécutivement à l’adoption de deux résolutions sur le Burundi par le conseil des droits de l’homme de l’ONU en date du 28 et 29 septembre 2017,le gouvernement du Burundi a organisé une marché manifestation à travers tout le pays pour remercier les pays qualifiés d’amis du Burundi et dénoncer certains pays africains qui se sont solidarisés avec l’Union Européenne.
a. A Bubanza

Dans la province de Bubanza les manifestations ont eu lieu en commune Rugazi. L’objectif de cette manifestation était de soutenir, remercier et féliciter les pays surtout africains qui ont élu la résolution à Genève qui demande le gouvernement du Burundi de collaborer avec trois enquêteurs de l’ONU sur les violations des droits humains et que ces experts pourront donner le rapport à la justice burundaise. L’autre objectif et de rejeter le Rwanda et le Botswana de n’avoir pas soutenu le Burundi à Genève.
Cette marche a débuté à l’ECOFO TEBERO I jusqu’au chef-lieu de la commune Rugazi.
Au cours de cette marche, les manifestants lançaient des slogans qui félicitent la Chine, la Russie, le Venezuela, le Brésil et certains pays africains comme la Tunisie. D’autres slogans injuriaient le Rwanda, Botswana, UE, la Belgique, Paul KAGAME. Il y avait des chansons qui rappelaient qu’on est un pays indépendant. Que le Burundi ne tolérera jamais les menaces étrangères surtout européennes. « C’est fini la colonisation », disaient-ils.
Les manifestants étaient composés par le vice-secrétaire général du parti CNDD-FDD, Joseph Ntakarutimana, le président de l’Assemblée nationale Pascal Nyabenda, les députés élus dans la circonscription de Bubanza, le gouverneur de province, tous les administrateurs communaux, les bagumyabanga, les imbonerakure et la population environnante.
Pendant leur passage, les imbonerakure ont intimidé les gens pour qu’ils puissent participer aux manifestations ce qui fait que certaines personnes ont participé par forces de peur de ne pas être éliminé par ces derniers.
Arrivés à Rugazi, c’est le gouverneur qui a lu le message du ministère de l’intérieur. Dans ce message, on rappelait le but de cette manifestation qu’il s’agit de féliciter et remercier les pays qui ont voté pour la résolution présentée par la Tunisie. Que c’est aussi l’occasion de montrer les mécontentements aux pays comme le Rwanda et le Botswana qui n’ont pas soutenu le Burundi à Genève.
Après manifestations, les bagumyabanga se sont rendus à la permanence nouvellement construite au chef-lieu de la commune Rugazi et ont procédé à son ouverture solennelle.
Dans son discours, le vice-secrétaire du parti CNDD FDD au niveau national Mr Joseph NTAKARUTIMANA qui était l’invité d’honneur dans ces cérémonies, a félicité les bagumyabanga de la commune Rugazi pour l’œuvre réalisée en construisant leur permanence même s’ils ont été les derniers parmi les 5 communes qui composent la province Bubanza. Il leur a demandé de lancer un appel vibrant aux bangumyabanga de bubanza qui ont fui le pays de retourner au pays natal. Nous le savons bien qu’ils ont été mentis par les ennemis du Burundi. A-t-il ajouté.
Nyabenda a pris parole, lui aussi a remercié les bagumyabanga de Rugazi pour leur permanence construite au chef-lieu de la commune. Il a donné des conseils aux partisans de Rugazi. Que cette permanence ne soit pas un lieu de chicaneries politiques entre leaders du parti, mais que ça soit un lieu de cohésion politique entre les représentants du parti surtout au niveau communal.
b. En Mairie de Bujumbura
Comme d’habitude, les sympathisants du parti au pouvoir, se sont rencontrés à la Place des Nations Unies en face de la permanence nationale du CNDD-FDD à Ngagara. Ces manifestants venus des différents quartiers de la capitale Bujumbura ont par la suite pris le boulevard du Peuple Murundi et se sont dirigés vers la Place de l’Indépendance où le discours de circonstance a été lu par l’assistant du ministre de l’intérieur et de la formation patriotique, Térence Ntahiraja. Il a indiqué que l’objectif de cette manifestation est de remercier les pays africains qui ont soutenu le Burundi à Genève et s’insurger contre la résolution de l’Union Européenne.

Figure 8 : Les manifestants scandaient les slogans.
Des slogans comme : « Nous remercions les pays africains et asiatiques pour leur position en faveur du Burundi à la récente session du Conseil des Nations Unies pour les droits de l’Homme ; nous disons non à la résolution de l’Union Européenne et les pays comme le Botswana et le Rwanda. » étaient scandés par lesmanifestants.
Ils ont tenu à passer par la maison abritant l’Ambassade du Rwanda où ils ont stationné pendant un moment en dénonçant le Rwanda qui ne veut pas la bonne cohabitation avec le Burundi et ont affirmé qu’ils soutiennent les institutions démocratiquement élues. Ils ont entonné l’hymne national et celui de l’EAC.
Dans la logique de remercier les pays voisins, ils ont applaudi la République Unie de Tanzanie et la République Démocratique du Congo qui ont dit oui à la résolution initiée par la Tunisie contrairement au Rwanda et au Botswana qui ont soutenu l’UE.
Dans son discours de circonstance, l’assistant du ministre de l’intérieur a fait savoir que le gouvernement du Burundi n’acceptera jamais la résolution de l’UE et a profité de cette occasion pour faire un clin d’œil à la CPI de ne pas tomber dans le piège des occidentaux et par voie de conséquence causer le désordre en Afrique.
Si on lit les visages des manifestants, on voie que les manifestants ne sont pas bien à l’aise d’autant plus que la plus part participent par force de peur d’être maltraités, accusés d’ennemi de la nation.
c. A Ngozi

En commune NGOZI, les participants à cette marche manifestation s’étaient rencontrés au stade AGASAKA comme le point de départ. Ils venaient d’y effectuer les travaux de mélange de béton qui servaient dans le pavement de la tribune D dudit stade. Ils ont par la suite pris l’itinéraire menant vers le rond point dit Route Gitega. Ils avaient sur eux des écrits priant l’Union Européenne de lever les sanctions prises injustement à l’encontre du Burundi, s’inscrivant en faux également contre les auteurs du putsch avorté du 13 Mai 2015. Ils demandaient aux pays qui ont donné aux putschistes l’asile de les extrader afin qu’ils soient traduits devant la justice burundaise. Les manifestants ont demandé également à la communauté des pays de l’Afrique de l’Est de s’impliquer activement pour résoudre le problème qui s’oppose entre le Burundi et le Rwanda surtout que le Burundi a déjà porté plainte devant la justice.
Ils n’ont pas manqué de remercier tous les pays de la planète terre qui n’ont cessé de soutenir le Burundi et pour eux ces pays ont constaté que toutes les mesures qui étaient prises à l’encontre de Burundi étaient purement injustes.
Le discours de circonstance envoyé par le ministère de l’intérieur et de la formation patriotique a été prononcé par le conseiller principal du gouverneur de la province NGOZI au rond-point de la route RN 15, un discours au cours duquel le gouvernement félicite toutes les institutions qui se sont investies pour que le Burundi soit dirigé par des institutions issues des élections.
Toutefois, le gouvernement burundais a averti qu’il ne rêve jamais accepter l’avènement des soi-disant experts de l’ONU qui prétendraient enquêter sur les droits de l’homme au Burundi sans le consentement de l’Etat. A certains Burundais et étrangers qui pensent toujours au gouvernement de transition, l’État leur conseille de se ressaisir et se préparer plutôt aux échéances électorales de 2020. A-t-il martelé. Et aux administratifs, le gouvernement burundais leur a demandé le renforcement de la sécurité en enregistrant les nouveaux visages dans leurs localités respectives et cela pour prévenir les infiltrations.
11. Conclusion

Le gouvernement du Burundi ne s’attendait pas à ce que la communauté internationale sache la situation réelle des droits humains au Burundi. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a refusé de collaborer avec la commission d’enquête, avec l’espoir que cette commission ne va pas connaître la vérité. A la sortie du rapport, le gouvernement a cherché tous les moyens possibles pour le dénier. A voir la force que le gouvernement a mis dans la contestation de ce rapport, c’est une raison de plus pour montrer sa véracité. Des manifestations organisées par les organisations de la société civile proche du pouvoir, des communiqués de la CNIDH, des partis politiques proches du pouvoir, des jeunes affiliés au CNDD-FDD, du Forum National des Femmes et des manifestations du parti CNND-FDD ont caractérisé tout le mois de septembre 2017. Et ce qui est visible c’est que toutes ces actions étaient l’initiative du pouvoir et du parti CNDD-FDD l’exemple est le cas des manifestations organisées par les organisations de la « société civile » à Matana et à Cankuzo où le discours était prononcé par les administrateurs communaux de ces communes. Dans toutes ces manifestations et conférences publiques le message était le même : les experts n’ont pas posé leurs pieds sur le sol burundais, ils ont écouté seulement les réfugiés, ils n’ont pas mentionnés le rôle des organisateurs des manifestations contre le troisième mandat illégal de Pierre Nkurunziza, Ce qui montre que ce sont des discours bien préparés par le gouvernement et le parti CNDD-FDD qu’on donnait aux différentes organisations pour lire seulement.
12. Recommandations
Le RCP recommande :
A. Au gouvernement du Burundi de :

  • Coopérer avec la commission d’enquête des experts des Nations Unies ;
  • Laisser d’utiliser les moyens de l’Etat dans des manifestations inutiles organisées par le parti CNDD-FDD ;
  • Ne pas obliger la population d’aller dans des manifestations alors qu’elle ne comprend même pas le contenu du rapport ;

B. A la société civile proche du pouvoir et la CNIDH :

  • Jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir
  • Etre indépendante conformément à la loi n°1/04 du 5 janvier 2011 régissant la CNIDH

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