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Rapport des manifestations publiques et autres évènements du mois de mars 2018

mardi 10 avril 2018, par webmaster

1. Résumé exécutif
Le Burundi vit une crise sociopolitique dû à la volonté de Nkurunziza de s’éterniser au pouvoir en violation des principes démocratiques contenus dans l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation et la Constitution qui est issu. Cette situation a eu des conséquences fâcheuses sur la conduite des affaires de l’Etat et par conséquent sur la vie de la nation tout entière.
En effet, la violation de la loi est devenue normale d’autant plus que centre de commandement n’est reconnu, ceci se fait remarquer par les décisions prises par les différentes autorités ou le comportement d’une catégorie de la population « imbonerkure »qui fait le bon et le mauvais temps sur toutes les collines du pays. Les discours prononcés par les autorités publiques démontrent à suffisance la dérive de la République.
Ainsi, le gouvernement a pris une tactique déguisée de profiter des événements officiels pour faire la campagne de Nkurunziza, « le visionnaire » et son parti malgré les malheurs et cris qui vivent la population. Le contenu de ce rapport donne la topographie des éloges affichés par les autorités politiques et administrations lors des grands rassemblements.
Dans ce rapport du mois de mars, nous nous sommes intéressés sur les messages et discours prononcés lors de la célébration de la journée internationale de la femme du 8 mars, l’inauguration des permanences et monuments du CNDD-FDD en commune Ruhororo, les festivals organisés dans le but de restaurer les clans les manifestations organisées pour contester le rapport des expert des Nations Unies sur les violations des droits de l’homme au Burundi ,la visite de l’Ombudsman en province cankuzo et la campagne de vulgarisation de la nouvelle Constitution qui fera objet de référendum au mois de mai.
En effet, la célébration de la journée internationale a été une occasion pour le pouvoir de chanter les hauts faits de son actif en faveur de la femme burundaise comme la gratuité des soins maternels et les 30% octroyés dans les institutions de la République. De leur côté, guidées par le FNF, elles ont affirmé publiquement qu’elles vont voter « oui » en mai 2018 et ont injuriés les opposants sans oubliés les colonisateurs surtout la Belgique en ces termes « Les colons belges tout comme les Européens et les opposants du président Nkurunziza sont comme des serpents venimeux qui méritent d’être décapités avant mai 2018 » en Mairie de Bujumbura. Dans d’autres provinces aussi, c’était une journée de propagande politique.
Le rapport revient également sur le discours prononcé par le secrétaire provincial du parti CNDD-FDD en province Ngozi, Jean Ciza pendant l’inauguration des permanences éparpillées sur les collines de la communes Ruhororo. Pour lui, toute la population doit adhérer à son parti si non les récalcitrants seront corrigés ce qui a fait peur à la population non membre du CNDD-FDD.
Le rapport insiste sur les manifestations organisées à travers toutes les provinces par le ministère de l’intérieur et de la formation patriotique pour contester le rapport présenté par la commission d’enquête sur les différentes violations des droits de l’homme par le pouvoir de Bujumbura depuis avril 2015.L’objectif de cette marche-manifestation était de rejeter en bloc le rapport qui est considéré comme mensonger. Selon le message du ministère lu par le représentant du ministère dans tous les lieux de manifestations :
« Le gouvernement du Burundi s’inscrit en faux contre les trois émissaires de l’ONU qui ont sorti un rapport mensonger sur le Burundi alors qu’ils ne sont pas arrivés sur le territoire du pays. Le Burundi n’acceptera jamais des faux rapports quoi que ce soit. Le Burundi invite les pays amis membres du conseil de sécurité comme la Chine, la Russie et les pays africains de faire tout moyen possible pour qu’ aucune sanction ne soit prise contre le Burundi parce que ce rapport soutient ceux qui ont voulu renverser le pouvoir démocratiquement élu."
Même si le gouvernement rejette le rapport, on sent qu’il se culpabilise par le fait de demander à certains pays membres du conseil de sécurité de des Nations Unis considérés comme leur ami de bloquer toute initiative qui tenterait de contraindre le gouvernement à modifier le tir.
Le rapport revient également sur la visite que l’Ombudsman, Edouard Nduwimana a effectué en province Cankuzo pour expliquer ses missions et compétences entant que médiateur de la République. Après avoir expliqué ses missions et compétences, il s’est ôté du costume de l’Ombudsman pour montrer aux participants qu’il est plutôt le militant zélé du parti CNDD-FDD que le médiateur en narguant les frondeurs natifs de Cankuzo et les politiciens en général. Pour ceux qui ont fui le Burundi n’étaient pas menacés mais sont en mission pour donner rapport à ceux qui leur avaient donné la mission de déstabiliser le pays .Il a affirmé que les demandes formulées par les opposants n’ont pas raison d’être comme dans les années 93 et 94.La population qui était dans la salle de réunion est rentrée terrifiée par le langage de celui qui était supposé leur médiateur avec les autres institutions et n’a pas voulu poser de question d’être taxée d’opposant.
Le rapport parle de la campagne de vulgarisation du projet de constitution en milieu scolaire. En effet, après fait le tour sur toutes les collines du pays expliquer les articles qui ont fait objet d’amendement, l’autre phase entamée depuis mars est d’expliquer aux élèves le projet qui sera soumis à la population pour référendum.
Ainsi, le secrétaire permanant, Déo Ruberintwari a été déployé au Lycée Mgr Joachin Ruhuna de Muyaga en date du 27 mars pour expliquer les changements contenus dans la nouvelle constitution aux élèves dudit Lycée. Comme les autres envoyés du gouvernement, il a essayé de montrer aux élèves que la nouvelle constitution va renforcer la souveraineté du pays en se basant sur le fait qu’aucun burundais ne sera plus extradé et qu’aucune place de haute autorité ne sera plus occupée par celle ou celui qui une double nationalité. De toutes les explications données par le secrétaire permanant, les élèves ont voulu savoir l’avantage d’un mandat présidentiel de sept ans pour eux mais aussi ils ont émis des inquiétudes comme quoi cette nouvelle constitution va renforcer l’impunité dans un pays qui a connu pas mal de crimes. Le secrétaire permanant n’a pas satisfait les élèves dans ses réponses échappatoires qu’il a données et leur a demandé d’aller voter ce qu’ils ont compris.
En fait de compte, cette séance a montré aux autorités présentes que malgré la terreur devenue un mode de gouvernance, la jeunesse essaie de montrer que leur futur est hypothéqué par les politiques.
Pour avoir le changement espéré, le RCP émet enfin des recommandations au gouvernement et tous les organes et institutions pouvant aider ramener la paix dans le pays.

2.Introduction

Le Burundi, un pays naguère appelé pays de lait et de miel est devenu un pays de contestation permanente de la vérité par les différentes autorités et institutions de la République. Suite à la volonté de Nkurunziza de devenir « un roi éternel », les Burundais vivent une peur panique accentuée par des discours et slogans des différentes autorités prononcés pendant les grands rassemblements publics. Ces rassemblements offrent l’occasion aux administratifs et politiques de chanter les éloges de Nkurunziza et son parti CNDD-FDD.
Pour asseoir sa royauté, depuis décembre 2017, Nkurunziza a décidé d’enterrer définitivement l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation du 28 août 2000 et la constitution de la République du Burundi qui en est issue qu’il violait depuis des années.
Le rapport du mois de mars s’est focalisé essentiellement sur la célébration de la journée internationale, les différentes manifestations organisées par le pouvoir pour contester le rapport des 3 experts des Nations Unies qui enquêtaient sur les différentes violations des droits de l’homme commises depuis avril 2015,la vulgarisation de la nouvelle constitution en milieu scolaire dans la direction provinciale de l’enseignement de Cankuzo, la visite de l’Ombudsman en province Cankuzo et le festival culturel et l’inauguration des permanences organisés par le CNDD-FDD à Ngozi.
3.Célébration de la journée internationale de la femme.

Le Burundi s’est joint à tous les pays du monde pour célébrer la journée internationale de la femme commémorée le 8 mars de chaque année. Cette journée a été célébrée au niveau national en province Kayanza en présence des différentes autorités du pays.
Cette journée a été célébrée aussi dans d’autres provinces après le 8 mars. C’est le cas des provinces de Cankuzo et Muyinga.
En province Cankuzo, C’est vendredi le 16 Mars 2018 qu’a eu lieu la célébration de la journée internationale de la femme. Les cérémonies ont commencé vers 11heures par un défilé depuis le rond-point jusqu’au stade Cankuzo.

Figure 1 : Défile des participants
Dans ce défilé on pouvait voir des femmes à majorité, des taxis vélos, des élèves à qui leurs directeurs avaient donné l’ordre de s’y présenter après la passation de l’examen. Comme on est dans une période d’examen, certains élèves ont été obligés de se présenter dans la fête les cahiers à la main.

Figure 2 : Les élèves avec les cahiers au stade.
Avant le défilé le marché de Cankuzo avait été fermé par les policiers sur ordre de l’administration communale. On pouvait entendre des lamentations de la part des commerçants et des acheteurs en disant que la commune ferme le marché et veut en même temps des taxes et impôts. Les autorités présentes dans cette fête étaient le gouverneur de la commune Cankuzo et son bureau, la présidente de la ligue des femmes au niveau provincial en même temps épouse du gouverneur de Cankuzo, tous les administrateurs communaux et leurs conseillers, le secrétaire permanent au ministère de la solidarité et du genre et sa délégation ,des natifs de Cankuzo, les corps de défense et de sécurité ,la présence des ONGs œuvrant à Cankuzo qui ont sponsorisé cette fête comme la fédération luthérienne Mondiale ,l’ONG World Vision. On pourrait également voir les associations des femmes cultivatrices et des femmes de l’église anglicane de cankuzo en uniforme.

Figure 3 : Les femmes membres des associations communautaires défilent.
Dans son mot d’accueil, l’administrateur de la commune Cankuzo a remercié le gouverneur de Cankuzo pour avoir accepté que la fête se passe dans sa commune et il a annoncé que la paix et la sécurité règne dans toute la commune sauf la bière prohibé d’ananas qu’il s’est donné l’objectif de la faire disparaitre dans un mois.
Un autre discours a été celui de la représentante provincial de Forum National de Femme(FNF), Nijimbere Marcelline a repris en marge le slogan du jour qui est « Mu mitumba no mu bisagara twese ku kivi duhindure ubuzima bw’abakenyezi » C’est dire : « Dans les zones rurales et urbaines œuvrons pour changer la vie de la femme ».Elle a appelé les femmes à changer de mentalités dans leurs communautés car la femme est conseillère dans sa communauté.
En politique, elle a exhorté aux femmes d’adhérer aux partis politiques reconnus par la loi pour qu’en deux mille vingt les femmes soient représentées majoritairement dans les institutions de prise de décision. Elle a ajouté qu’il y a encore des hommes qui maltraitent leurs femmes physiquement y compris des violences économiques. Elle a terminé en remerciant l’administration communale d’avoir travaillé jour et nuit pour l’octroi des cartes nationale d’identité. Ainsi a-t-elle remercié les femmes qui se sont fait enrôler pour les élections et les a invité de faire des associations et coopératives pour bénéficier une partie d’aide de 500 millions destinés aux communes ainsi les a réinvité encore d’aller voter massivement pour le prochain referendum et surtout de garder jalousement le récépissé.
Prenant la parole le gouverneur de Cankuzo a brossé la situation sécuritaire tout à fait bonne dans sa province et les femmes donnent une contribution sans nom. Il a rappelé que l’Etat a pris des mesures qui valorisent la femme. Il a remercié la population surtout les femmes d’avoir participé en grand nombre dans l’enrôlement .C’est à ce titre que la province de Cankuzo a été classé la troisième au niveau national en matières des effectifs enrôlés. Il a alors demandé aux femmes de se lever très tôt pour aller voter.
Quand le gouverneur de Cankuzo a demandé aux différentes autorités de se lever et saluer la population, sa femme en même temps présidente de FNF à Cankuzo (Forum National de Femme) s’est improvisé en condamnant fortement les femmes députés et sénateurs selon elle qui boycottent cette fête depuis deux ans en remerciant le seul sénateur Bigirimana Salvator qui se présente toujours en guise de soutien aux femmes.
Le secrétaire permanent au ministère de droit de la personne humaine, de la solidarité et du genre a dit que son ministère s’attèle au développement de la femme dans les secteurs agricoles ,commerciales, politiques …et a exhorté les maris de n’est pas maltraiter leurs femmes en rappelant que le ministère a également des chiffres dans leurs rapports qui montrent les femmes qui maltraitent leurs maris. Il a annoncé les prochaines élections pour les représentants de forum des femmes depuis les collines jusqu’au sommet.
La fête a été clôturée par la remise des prix aux femmes qui se sont démarquées dans l’accomplissement de leurs tâches dans leurs services.
En province Muyinga, les cérémonies ont eu lieu en commune Mwakiro. Le mot d’accueil a été prononcé par madame Muhimpundu Sylvie, administrateur de la commune Mwakiro pour souhaiter la bienvenue aux participants et surtout aux invités de marque qui avaient rendu honneur par leur présence à sa commune. Elle dit qu’elle est très ravie que la province ait choisi sa commune pour le déroulement de la fête internationale de la femme, que c’est un grand honneur pour elle. Elle demande alors aux participants et surtout aux ressortissants de la commune Mwakiro de faire de forts applaudissements à madame le gouverneur de la province Muyinga, madame Aline Manirabarusha pour avoir choisi sa commune pour le déroulement de ces festivités. Elle a terminé son allocution en souhaitant des moments merveilleux aux invités de marque mais aussi à tous les participants pendant tout le temps qu’ils allaient passer dans cet endroit.
Après ce mot d’accueil, des danses folkloriques ont été présentées avant que la représentante provinciale du FNF (Forum National des Femmes), madame Denise Ndaruhekere ne prenne son tour pour prononcer son discours. Selon elle, la société burundaise commence à être suffisamment sensibilisée sur le rôle de la femme dans le pays .C’est une évidence que sans la femme le monde ne serait pas. Après ce mot de la représentante provinciale du FNF, d’autres danses folkloriques incluant celles de la communauté congolaise vivant au Burundi dans le camp des réfugiés de Gasorwe ont suivi pour être ensuite suivies par le mot d’un représentant des ONG partenaires de la promotion de la femme, madame Susanne de l’ONG CARE INTERNATIONAL. Celle-ci a fait savoir qu’elle est satisfaite du changement de mentalité au sein de la société burundaise où, dit-elle, nous remarquons qu’elle a franchi un niveau considérable dans la promotion du bien-être de la femme qui est aussi celui de tout le foyer car la femme est le pilier de la famille. Si on observe autour de nous aussi bien dans les campagnes que dans les villes, on remarque que le nombre de familles où le mari et sa femme sont en permanent conflits menant jusqu’à se battre va chaque jour en diminuant. Cela est, certes le résultat des enseignements incessants qui sont administrés par des organisations œuvrant dans la promotion de la femme, soutenues et travaillant en synergie avec le ministère ayant la promotion de la femme dans ses attributions. Les hommes, continue-t-elle, doivent comprendre que leurs femmes ne sont pas des rivales mais des conjointes, c’est-à-dire des partenaires qui viennent conjuguer leurs efforts pour la promotion de leurs familles respectives en particulier et de toute la société en générale.
Après cette allocution du représentant des ONG partenaires de la promotion de la femme, d’autres danses folkloriques ont suivi et enfin est venu alors le tour de madame Aline Manirabarusha, gouverneur de la province Muyinga pour prononcer le mot de circonstance qui était tant attendu. Selon elle, les violences domestiques ont diminués dans sa province et elle a remercié le gouvernement de l’effort fournie pour intégrer les femmes dans les différentes institutions.
A titre exemplatif, toutes les autorités qui ont présenté des allocutions sont des femmes. A ces mots, la foule a souri et chacun a exactement pris conscience que ce jour-là, toutes les autorités prévues à présenter les discours étaient des femmes. Cela, continue-t-elle, est un signe éloquent que le gouvernement du Burundi essaie de donner la place à la femme. Cependant, cela ne doit pas faire croire que tout est beau. La représentation féminine qui, normalement, est d’au moins 50% atteint rarement les 30% reconnu par la constitution burundaise.
En Mairie de Bujumbura, les femmes membres du Forum national des Femmes « FNF » ont à leur tour organisé une marche-manifestation en guise de la célébration de la journée internationale de la femme en date du 31 mars 2018.Cette marche a été une occasion de lancer des injures à l’endroit de certains pays comme la Belgique et les opposants du pouvoir de Nkurunziza. Des slogans comme « Les colons belges tout comme les Européens et les opposants du président Nkurunziza sont comme des serpents venimeux qui méritent d’être décapités avant mai 2018 » étaient scandés en présence du 1er vice-président Gaston Sindimwo qui avait représenté le gouvernement dans ces Cérémonies.

Figure 4 : Le premier Vice-Président pendant la célébration Internationale de la Femme.
Ces femmes ont affirmé à travers des chansons qu’elles entonnées qu’elles vont voter « oui » au référendum constitutionnel en vue.

3.Inauguration des permanences et monuments du CNDD-FDD en Commune Ruhororo de la province Ngozi comme moyen d’intimidation de la population.

L’inauguration de permanences et monuments construits à travers toutes les collines du pays est devenue un outil de propagande mais aussi l’occasion d’intimider la population membres des autres formations politiques. A part les discours qui sont prononcés lors de l’inauguration de ces derniers, les mots écrits sur ces derniers rappelant les dates sombres de l’histoire récentes du Burundi font peur à tous les passants.
En commune Ruhororo, les Bagumyabanga natifs présidés par le secrétaire provincial du parti CNDD-FDD Jean Ciza, ont inauguré 10 permanences et 2 monuments en date du 3 mars 2018.
Sous un rythme de marathon, Cette activité a débuté sur la colline Taba puis s’est poursuivie sur la colline Mubanga et ensuite sur la colline Muhama avant d’inaugurer les monuments des collines Nyakibingo et Camihigo.
D’autres permanences inaugurées sont construites sur les collines Kinyami, Buhina,Cagura,Gitanga,Kagoma et Gitamo.
Les cérémonies proprement dites se sont déroulées sur la colline Gitaramuka où le secrétaire provinciale, Ciza Jean, a interpellé les Bagumyabanga de la commune de Ruhororo à bien garder les récépissés reçus lors de l’ enrôlement pour pouvoir retirer leurs cartes d’ électeur et ainsi participer massivement aux élections de référendum mois de mai 2018.Il a demandé à la population des collines visitées d’adhérer massivement au parti CNDD-FDD faute de quoi il n’y a pas d’autres salut.
Les cérémonies se sont clôturées par la remise des cahiers au secrétaire du parti et aux chefs collinaires pour l’enregistrement des Bagumyabanga à la base et les non membres sur toutes les collines de la commune.

4.Festival culturel de restauration des clans du CNDD-FDD.

Depuis 2017, le parti CNDD-FDD a organisé au niveau de toutes les provinces du pays une série de festivals culturels pour choisir les belles chansons glorifiant les clans. L’objectif principal de ces festivals est de tourner l’histoire basée sur les ethnies et de renforcer les clans qui sont considérés par le parti au pouvoir comme le socle de l’unité. Selon les organes dirigeants du parti CNDD-FDD, ce programme a été élaboré pour dissuader la population de ne plus donner valeur aux ethnies créées par les colonisateurs mais de s’identifier par rapport à leur clan.
Ainsi après une année de compétition au niveau régional, le parti a organisé un festival final en date du 10 mars pour primer les groupes qui se sont démarqués dans le choix de bons termes rehaussant les clans burundais. Les activités se sont déroulées au stade Urukundo de Buye en commune Mwumba de la province Ngozi en présence des autorités au plus haut niveau des institutions du pays, à commencer par le président Nkurunziza en même temps le président du conseil des sages du CNDD-FDD. Il était également présent à ces cérémonies, le secrétaire général du parti CNDD-FDD, le président du Sénat, le président de l’Assemblée Nationale burundaise, les membres du conseil des sages, les membres du gouvernement issus de ce parti, les secrétaires provinciaux du parti CNDD-FDD et bien d’autres.
Treize groupes culturels venus dans 5 régions du pays ont participé dans ces compétitions organisées par le parti CNDD-FDD.
Avant le début de cette compétition, le secrétaire provincial du parti CNDD-FDD à Ngozi, Jean Ciza, a indiqué que le parti CNDD-FDD est enraciné dans sa province et que les ethnies disparaissent petit à petit suite aux séances de « moralisation de la société » initiées par Nkurunziza.
Pour les compétiteurs, Jean CIZA leur a demandé de faire la compétition royale car dans ces compétitions, il n’y a ni vainqueur, ni vaincu.
Il a aussi salué le fait que la province Ngozi a été choisie pour accueillir cette phase finale de compétition.
Cette compétition a été organisée dans la même logique que l’idée du président de la république du Burundi dans les séances de moralisation de la société au cours desquelles, le numéro un burundais ne cesse de rappeler l’importante de connaître notre passé pour construire un meilleur avenir. Cela a été déclaré par le secrétaire en charge des questions culturelles au sein du parti CNDD-FDD. Selon lui, le renforcement des clans va nouer de bonnes relations entre les burundais et va effacer les divisions ethniques implantées par les Belges.
A la fin de la compétition, les équipes de Busoni en provinces Kirundo, ceux de Bujumbura et les tambourinaires de Gishora en province de Gitega, ont remporté les 3 premières places et ont été primées en hauteur de 1.700.000 de francs burundais.
A voire l’évolution du monde contemporain, les observateurs se demandent pourquoi, le parti CNDD-FDD a pris la décision de retourner dans la période précoloniale, qui, elle est aussi n’était pas si belle qu’on le raconte. Les explications peuvent être tirées dans le manque de réponses aux demandes de la population mais aussi pouvoir se dédouaner pour montrer que la crise que connait le pays émane d’ailleurs. C’est une façon d’endormir la population.

5.Manifestation de contestation du rapport des 3 membres de la commission d’enquête sur le Burundi.

Comme c’est devenu une habitude pour le gouvernement du Burundi de nier tous les rapports sortis par l’ONU ou l’une des organes et les organisations de défense des droits de l’homme, après la présentation du rapport par le président de la commission d’enquête sur le Burundi devant le Conseil de sécurité, le gouvernement du Burundi a appelé la population à manifester pour montrer leur colère envers les Nations Unies.
Le ministère de l’intérieur et de la formation a sorti un communiqué appela les gouverneurs de province et les administrateurs communaux à organiser des manifestations au niveau de leur entité administrative le 17 mars 2018. Des messages et slogans ont été préparés envoyés par ledit ministère afin qu’ils soient utilisés par les manifestants.
En mairie de Bujumbura, la marche manifestation était guidée par le Maire de la ville de Bujumbura ,Freddy Mbonimpa qui a fait savoir qu’ils sont descendus dans les rues de la capitale pour protester le rapport fallacieux des experts de l’ONU qui a été présenté .Mbonimpa a rappelé que les soi-disant experts n’ont jamais mis leur pieds sur le sol burundais raison pour laquelle le gouvernement burundais n’acceptera jamais le contenu de ce rapport et combattra par tous les moyens les détracteurs du pays qui sont derrière ces rapports .Selon lui, ce rapport veut ternir l’image du président de la république en lui accusant d’intimider la population sur le vote favorable du nouveau projet de la constitution. Le maire de la ville de Bujumbura rappelle que l’idée d’amendement de la Constitution est sorti dans les résolutions de la Commission Nationale du Dialogue Inter Burundais « CNDI » après consultation de la population, il ne comprend pas pourquoi la communauté internationale veut imposer le Burundi alors qu’ il est formellement interdit à l’ONU de violer l’indépendance et la souveraineté d’un pays membre.
Il a continué son allocution en informant les participants que ce rapport sera sans effet et que les burundais continueront à protester tous les rapports qui contiennent de fausses informations.
Il profite de l’occasion pour féliciter le président de la république du titre de visionnaire permanent que le parti CNDDFDD lui a attribué.
Des slogans et chansons glorifiant Nkurunziza comme« Turagushigikiye Nkurunziza (nous te soutenons Nkurunziza), abarundi turi ingabo turarwanira igihugu (les burundais nous sommes des guerriers), nkurunziza yaratabaye igihugu (nkurunziza a sauvé le pays), tuzorurwana kandi turuntsindi » (nous allons participer à la guerre et vaincre) agrémentaient la marche.
Sur certains endroits comme devant l’ambassade du Rwanda, de la Belgique et le bureau du représentant de l’Union européenne, le modérateur demandait aux participants de crier haut et fort (kuvuza induru) avant de continuer la marche .Le modérateur demandait aussi aux manifestants d’être vigilants afin de traquer ceux qui seraient mandatés pour suivre ce qu’ils font et donner de faux rapports.
Le modérateur a demandé aux participants devant le bureau abritant le Sénat pour demander aux sénateurs d’aller fouiller dans les documents régissant le Burundi et trouver si Pierre Nkurunziza peut être un Guide national permanent.
Il a demandé au gouvernement du Burundi de traduire en justice les trois démons (abadayimoni) qui produisent des rapports pour enterrer le Burundi dans un gouffre. Il demande à ces soi-disant experts d’aller planter des bananiers dans ce gouffre réservé aux burundais.
En province Muyinga, le rassemblement a commencé à 7h00 au lieu habituel des rassemblements pour les manifestations, c’est-à-dire au rond-point du quartier Mukoni. Mais les gens sont venus à compte-goutte malgré la sensibilisation à travers toute la ville au moyen de la sonorisation qui avait été prévue à cette fin à tel enseigne que la marche-manifestation en soi a commencé à 8h45min.
De Mukoni, les manifestants sont descendus en ville au rythme des chants louant le parti au pouvoir CNDD-FDD et la bravoure du président Pierre Nkurunziza. Cette musique était entrecoupée par le slogan comme : « Muyinga,turiyamirije amarementanya y’iraporo yagizwe n’umugwi w’abantu batatu w’ishirahamwe mpuzamakungu onu‼turayiyamirije‼ »(Muyinga, nous nous insurgeons contre le rapport mensonger sorti par la commission de trois personnes de l’ONU !!(Nous le nions en bloque !! »)
Comme d’habitude, le point de ralliement pour la clôture de la manifestation et l’écoute du mot de circonstance était devant la province, près du terrain de jeux des balles à main du centre-ville devant la messe des officiers Muyinga. Quand tous les participants s’y étaient rassemblés, le mot de circonstance a été prononcé par l’administrateur de la commune Muyinga, monsieur Philippe Nkeramihigo. Il était centré sur le rapport mensonger, dit-il, qui diabolise la situation socio-politique du Burundi alors que la réalité sur terrain est toute autre.
Son discours était composé par des questions aux manifestants montrant que tout est en ordre dans le pays. Ces questions sont entre autre :
None ga benegihugu, hari n’umwe muri mwebwe mukoraniye aha yidoga ko hari ibitagenda muri kino gihugu cacu ? Ntanumwe‼ (Parmi vous la population,qui se lementent qu’il y a ce qui n’est pas en ordre dans notre pays ?Personne !!)
Hari uwo muzi aha canke hariya yidogera umutekano mu gihugu cacu,canke agateka ka zinamuntu ?Ntanumwe‼( Y’aurait-il ici ou ailleurs quelqu’un qui est peur de sa sécurité ou de la violation des droits de l’homme ?Personne !!)
None ayo marementanya yabo bayakura he ?mbe ayo matohoza yo agirwa mu kiringo kidashikana n’ukwezi bakaba baronse icegeranyo gikwiye co kwizera bashikiriza ni aya he ko twese tuzi ingene amatohoza akora ? (D’où viennent alors ces rapports mensongers ? Ces enquêtes qui se font dans moins d’un mois et qui aboutissent à des résultats sont de quelle nature pour nous qui savons le déroulement des enquêtes ?)
Ntawovuga ko vyose vyera de yamara nibatuvuge uko turi bareke kuza baraturengera akarimbi kuko turi igihugu cigenga, cikukiye. (On ne peut pas dire que tout est ordre mais qu’ils disent la vérité et ne dépassent pas les limites étant donné que nous sommes un pays souverain, indépendant.)
L’administrateur a terminé son discours par un réveil à tous les participants et à tous les habitants de Muyinga de rester vigilants car l’ennemi du pays est toujours à la porte.
A entendre le discours de cet administrateur, on comprend que bien qu’il affirme haut et fort que la paix règne au pays, se contredit en disant que tout n’est pas au clair. Aussi ces questions qu’il se pose montrent qu’il veut cacher la réalité que vive la population de sa commune étant donné que plusieurs arrestations et intimidations sont toujours signalées à Muyinga.
A Gitega comme dans les autres provinces, ces manifestions ont eu lieu au chef-lieu de la province sous la conduite du gouverneur monsieur Venant Manirambona en présence des élus du peuple. Dans son allocution de circonstance, il a demandé à toute la population burundaise de se lever comme un seul homme pour combattre pour défendre le Burundi et ne reconnaitre ces rapports mensongers.
En province Bubanza, les manifestations ont été conduites par le gouverneur Tharcisse Niyongabo en commune Rugazi. La population venue de toutes les communes de la province Bubanza était massée au chef-lieu de la commune. Les manifestants portaient des pancartes et des banderoles sur lesquelles est écrit :"turiyamirije ama raporo y’ibinyoma,turiyamirije abakoroni,turiyamirije zed Ali Hussein,Uburundi ni igihugu cigenga kandi cikukiye."(Nous nous insurgeons contre le rapport mensonger, nous dénonçons les colons, nous dénonçons zed Ali Hussein, le Burundi est un pays souverain et indépendant.)
La marche était animée par des chansons entonnées par des imbonerakure qui injuriaient la Belgique, le Rwanda surtout le président Kagame.
Après cette marche, le gouverneur a lu le message envoyé par le ministère de l’intérieur marquant cette manifestation résumé en ces mots :
"Le gouvernement du Burundi s’inscrit en faux contre les trois émissaires de l’ONU qui ont sorti un rapport mensonger sur le Burundi alors qu’ils ne sont pas arrivés sur le territoire du pays. Le Burundi n’acceptera jamais des faux rapports quoi que ce soit. Le Burundi invite les pays amis membres du conseil de sécurité comme la Chine, la Russie et les pays africains de faire tout moyen possible pour qu’ aucune sanction ne soit prise contre le Burundi parce que ce rapport soutient ceux qui ont voulu renverser le pouvoir démocratiquement élu."
La population de Rugazi a déploré le comportement des imbonerakure surtout ceux de la zone Muzinda qui ont intimidé la population pour qu’elle participe massivement à la marche, en disant que celui qui sera absent doit payer une amende de dix mille francs burundais.
A Rumonge, en marge de ces manifestations, le chef de zone Rumonge du nom de Rajabu Amissi a mis en garde la population de sa zone qui ne participe dans ces dernières malgré la mobilisation et le forcing utilisés par l’administration de base. Ainsi, il a donné des injonctions comme quoi une amende de 50.000 francs burundais sera infligée à toute personne qui ne participera pas à de tels événements organisés par le gouvernement du Burundi car cela montre qu’il y a des gens qui sont derrières ces malfaiteurs qui produisent des rumeurs et des faux rapports pour salir le pays.

6.Visite de dénigrement de l’opposition de l’Ombudsman en Commune Cankuzo.

Jeudi 22 mars 2018, l’ombudsman a effectué une visite à Cankuzo pour échanger sur la vie du pays et la vie de la province de Cankuzo, expliquer le fonctionnement du bureau de l’ombudsman et prodiguer des conseils dans ces jours de la vulgarisation de la constitution d’autant plus que la province de Cankuzo est considérée comme récalcitrante de par son expérience de2015.
La réunion était conviée aux élus du peuple de la base jusqu’au sommet, à tous les administrateurs de la province Cankuzo, à tous les chefs de services y compris les corps de défense et de sécurité, aux confessions religieuses et la société civile.
Comme d’habitude malgré les revendications des commerçants d’être représentés dans différentes réunions, leurs demandes n’ont pas été exhaussées. En effet, tous les kiosques et boutiques du marché étaient fermés depuis 9 heures jusqu’à 13 heures alors que la réunion a commencé vers midi.
Dans son mot d’accueil, l’administrateur de la commune Cankuzo, Nyandwi Innocent a dit que la paix et la sécurité règne dans toute la commune et que la population est à l’œuvre et contribue aux travaux de développement.
Quant au gouverneur de la province Cankuzo Njiji Désiré, a renchérie en disant que la situation sécuritaire est tout à fait bonne malgré la persistance du vol domestique perpétré souvent par ceux qui ont bénéficié de la grâce présidentielle. Il a parlé enfin de la vulgarisation du projet de la nouvelle constitution et que bientôt se sera le tour des écoles à être sensibilisé et espère que la population va voter pour cette constitution. Selon le gouverneur, les réfugiés qui avaient fuis la province Cankuzo retournent en grand nombre.
Le discours du jour a été prononcé par l’ombudsman, Edouard Nduwimana. Après avoir expliqué ses missions et compétences que lui confie la Constitution, il s’est mis à démystifier et narguer les partis politiques de l’opposition. Il a remercié les institutions de Cankuzo pour le maintien de la paix parce qu’il y a ceux qui rêvent encore à la perturber que ce soit à l’intérieur du pays ou à l’extérieur.
Ainsi a –t-il parlé des montages de toutes sortes de ceux qui veulent montrer l’absence de paix en donnant des faux rapports. Il a donné l’exemple du film montrant un probable génocide de Karusi, les histoires de Rukoti, et des rapports montrant le degré de disette en se réjouissant d’une situation alarmante du pays.
Il a ensuite prodigué des conseils à l’endroit de la population de Cankuzo où pas mal des politiciens ont fuis le pays .Selon lui la réponse des politiciens face aux difficultés n’est pas la fuite mais de faire face aux problèmes rencontrés étant à l’intérieur du pays. Ici il a donné l’exemple des politiciens opposants du Kenya et de l’Ouganda qui maintiennent leurs positions à l’intérieur du pays.
Pour les cas du Burundi, il a supposé que les politiciens en fuite sont à l’extérieur pour donner des rapports à ceux qui les ont mandaté soit en France, en Belgique ou ailleurs. Il a ajouté que ceux qui rêvent prendre le pays par les stratégies des années 1993 ,1994 se trompent parce que les situations ont changé, et selon lui les mêmes causes ne produisent plus les même effets, ils n’auront pas des justifications.
Il a enfin rappelé que la province de Cankuzo a connu beaucoup de frondeurs en 2015 (quatre administrateurs sur cinq ont fuis le pays) et pour lui cela devrait servir d’expérience aux autres. Il n’a pas manqué de demander à la population de garder jalousement les récépissés et de contribuer financièrement dans le déroulement des élections parce qu’il y a ceux qui se trompent en disant qu’ils sont en train de prêter mains forte à l’Etat alors que ce sont leurs élections.
Les participants à la réunion n’ont pas osé poser de questions car le ton utilisé faisait peur d’autant plus qu’il parlait surtout le passé récent qui reste plaqué dans la mémoire des habitants de Cankuzo.

7.La campagne de vulgarisation du projet de constitution en milieu scolaire dans la direction provinciale de Cankuzo.

Mardi 27 mars 2018, la campagne de la vulgarisation de la nouvelle constitution a été lancée dans les milieux scolaires de la province Cankuzo. Cette campagne a été lancée en premier lieu au Lycée Monseigneur Joachin Ruhuna de Muyaga par le secrétaire permanent du ministère de l’intérieur et de la formation patriotique.
Dans son mot d’accueil, le conseiller principal du gouverneur a fait savoir que la vulgarisation a été clôturée au niveau de toutes les collines et communes de la province qu’il ne restait que les milieux scolaires.
Quant au secrétaire permanent, il a dit que les élèves constituent le Burundi de demain, ces élèves doivent alors connaitre les lois qui régissent leurs pays notamment la constitution. Après l’exposé de motif du réaménagement de l’ancienne constitution, il a expliqué les articles qui ont fait objet de modification. Il a expliqué aux élèves que cette nouvelle constitution une fois voté renforcera la souveraineté nationale. Selon lui, les articles de la transition ont été supprimés, et cette nouvelle constitution va s’accommoder avec celles des pays de l’EAC.
En outre la nouvelle constitution va répondre aux desiderata de la population en fonction des idées recueillies par la commission Nationale du dialogue inter burundais.
Pour lui, les articles modifiés concernent l’esprit patriotique et la souveraineté nationale. A titre d’exemple pour occuper une haute fonction, il ne faut pas avoir une double nationalité. D’autres articles modifiés concernent les droits de l’homme.
Selon lui, il est illogique qu’un burundais soit jugé par les tribunaux étrangers alors que le Burundi a des tribunaux compétents. Cette fois l’extradition ne s’appliquera plus et aucun Burundais ne comparaitra plus devant les tribunaux internationaux et d’ajouter que les tribunaux internationaux tranchent en défaveur des Africains.
Revenant sur la double nationalité, il a ajouté que dans le temps le Burundi a connu de hautes autorités qui avaient cette double casquette et donnaient les rapports aux pays étrangers.
A la fin de son discours, il a expliqué aux élèves que les provinces pourront cette fois- ci être dirigées par les policiers et les militaires qui auront montré leur bravoure.
Dans le chapitre des questions ouvertes posées par les élèves, la majorité des élèves revenaient sur les mandats présidentiels. Certains ont posé la question de savoir pourquoi les mandats présidentiels ont été prolongés jusqu’à sept ans et renouvelable une fois. D’autres ont voulu savoir pourquoi le président actuel ne pouvait être rehaussé dans d’autres fonctions au lieu de briguer d’autres mandats.
Concernant l’extradition, une élève a demandé le sort des jugements qui sera réservé aux auteurs des crimes contre l’humanité qui ont été perpétrés au Burundi. Cette dernière a montré que la nouvelle constitution va renforcer l’impunité dans ce pays qui a connu de crimes graves. Le secrétaire permanent à essayer de répondre aux inquiétudes des élèves sans toutefois les convaincre et leur a demandé d’aller voter ce qu’ils ont compris.

8.Conclusion

Le mois de mars 2018 a été marqué par plusieurs événements que ce soit au niveau national qu’au niveau local. En effet, ces événements ont un point commun qui est la propagation de l’idéologie du parti CNDD-FDD et la préparation du référendum du mois de mai .Les rassemblements et réunions organisés au cours de ce mois ont été d’une façon cachée ou voilée organisée dans le sens de glisser un mot sur les échéances électorales en vue. Ainsi, par exemple en marge de célébration de la journée internationale de la femme, les membres du FNF n’ont pas daigné de chanter qu’elles voteront « oui » au référendum constitutionnel alors que la période de campagne n’est pas encore ouverte.
Au cours de ce mois, les élèves du Lycée Muyaga ont démontré que malgré l’intimidation des différentes autorités il y a ceux qui peuvent accepter les risques et poser des questions pertinentes sur l’amendement de la constitution.
Ce mois a été marqué aussi par un élément étranger où le supposé être le médiateur de la République, l’Ombudsman prenne position en se montant comme représentant du gouvernement en dénigrant l’opposition tout en humiliant ceux qui ont fui les atrocités du pouvoir de Bujumbura.

9.Les recommandations.

Le gouvernement doit :
a. Arrêter le processus de changement de la Constitution de la République du 18 mars 2005 ;
b. Respecter l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation ;
c. Arrêter d’intimider la population ;
d. Laisser le libre mouvement de la population ;
L’Ombudsman doit :
a.Respecter ces missions et compétences prévues dans la Constitution
b.Se garder de blesser les cœurs encore sous le choc de l’histoire récente
c. A la communauté internationale
d. Soutenir toutes les initiatives de paix initiées par les Burundais

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