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MANIFESTER POUR SAUVER SA PEAU

vendredi 12 mai 2017, par webmaster

Résumé exécutif
Depuis avril 2015, le Burundi traverse une crise politique consécutive à la nomination du Président Pierre Nkurunziza à sa propre succession aux élections présidentielles .Cette nomination par le parti CNDD-FDD a provoqué les manifestations pacifiques organisées par la société civiles et les partis politiques de l’opposition. En conséquence, ces manifestations ont été matées à sang par les forces de sécurité et les jeunes imbonerakure affiliés au pari CNDD-FDD .Au regard du gouvernement du Burundi, les manifestations ont été qualifiées par le procureur général de la République du Burundi de mouvement insurrectionnel.
Dans ce rapport du mois d’avril 2017, nous nous sommes intéressés sur les grandes manifestations organisées par le pouvoir, les organisations dites de la société civile ainsi que les grandes rencontres ou événements organisés par les autorités politiques et administratives.
Au lieu des s’occuper du développement du pays, les autorités du pays ont organisés plusieurs marches manifestations au niveau national ou local. L’objectif de ces derniers étaient soit de soutenir le gouvernement dans ces actions soit de refuser toute action ou initiative tendant à négocier avec les partis en conflits.
Les manifestations organisées par les autorités du pays donnent l’occasion à ces derniers de prononcer des discours de haine contre tous les opposants mais aussi contre les organisations de la société civile en exile.
Pendant le mois d’avril 2017, les chansons qui étaient chantées en cachette ont été entonnées en présence des autorités politiques en province kirundo et Kayanza. Ces chansons incitent la jeunesse à violer les filles et femmes de l’opposition pour qu’elles mettent au monde les futurs imbonerakure.Le comportement de ces jeunes a été dénoncé par les partis politiques de l’opposition, la société civile, l’Union Européenne. A La grande surprise ,le parti CNDD-FDD a lui aussi sorti un communiqué de presse pour condamner le comportement de la jeunesse imbonerakure qui ont chanté les chansons contraire à l’idéologie du parti.
Le rapport du mois d’avril revient sur le discours prononcé par le Président du sénat en commune Nyanza-Lac, province Makamba où il a remercié tous ceux qui se donnent corps et âme pour maintenir la paix et la sécurité dans la province Makamba et dans les autres localités du pays.Il a aussi demandé à la population de Makamba de rster vigilant pour attraper les malfaiteurs qui errer dans la province Makamba.
Le rapport insiste également sur les différents slogans scandés par les manifestants pendant les marches manifestations .Les manifestants brandissent des pancartes où ils se montrent contre toute négociation avec les putschistes et l’opposition .Ils dénoncent aussi le Rwanda accusé de soutenir les putschistes.
Les manifestants montrent un soutien aux institutions dites démocratiques sans oublier le Président de la République qui doit diriger le Burundi jusqu’au retour de Jésus Christ.
Le rapport donne l’apprécie général sur la Commémoration du 45ème anniversaire du « génocide des hutu de 1972 »organisé par le collectif des victimes du « génocide des hutu »de 1972 du 28 avril au 30 avril 2017.
En conclusion, Le RCP constate que les manifestations organisées par le pouvoir et les organisations dites de la société civile contribuent à la déchirure du tissu social d’autant plus que ceux qui ne répondent pas à ces rassemblements sont considérés comme les ennemis de la Nation. A coté de ce caractère divisionniste, les manifestations font perdre du temps à la population qui ne vaquent pas à leurs activités de développement. Ainsi, une partie de la population va manifester non pas par conviction mais par peur d’être tuée ou emprisonnée.
Compte tenu de l’urgence du respect des principes démocratiques en matière de régulation des manifestations publiques, le RCP émet des recommandations à l’endroit du gouvernement du Burundi.
Le gouvernement doit :

Laisser les autres formations politiques et la société civiles exercer leur droit civil et politique en toute liberté
Garantir la sécurité de tout le peuple burundais
Laisser la population burundaise vaquer à ses activités en toute liberté
Bannir les discours et les slogans de la haine dans tous les lieux publics
Ne pas ethniciser et politiser les événements de l’histoire du Burundi

0. Introduction

Avec le déclenchement de la crise qui secoue le Burundi suite à la candidature du Président Pierre Nkurunziza à sa propre succession en violation de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation et la Constitution de la République du Burundi, le sol burundais est devenu un terrain des manifestations .Ce phénomène est devenu un moyen pour le gouvernement, les organisations de la société civile proche du pouvoir, les femmes ,les jeunes affiliés aux partis politiques et les partis politiques satellites du parti CNDD-FDD de s’exprimer pour les questions concernant le pays. . La population est condamnée à répondre à ces manifestations pour sauver la vie, la plupart ne connaissent pas ce qui est écrit sur les banderoles qu’ils portent.
Cependant, les manifestations pacifiques qui avaient été organisées en avril 2015 par la société civile et les partis politiques d’opposition en vue de protester contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza ont été qualifiées de mouvement insurrectionnel par le Procureur général de la République du Burundi1.Les manifestations, organisées que ce soit au niveau national ou local ,ouvrent l’occasion aux autorités politiques de semer la haine entre les composantes de la population burundaise à travers les slogans scandés et les chansons entonnés par les manifestants. Le peuple burundais est déjà habitué à ces rassemblements chaque fois qu’il y a un rapport sorti par les organisations de la société civile nationales ou étrangères relatif à la situation sécuritaire, aux violations des droits de l’homme ou à la proche des grands événements.
Dans ce rapport, nous nous focalisons sur les manifestations organisées au cours du mois d’avril 2017 à travers le Burundi.

1. Manifestation du 1er avril 2017 pour faire appel à la jeunesse Imbonerakure d’engrosser les filles et les femmes de l’opposition.

En date du 1eravril 2017, les leaders de la jeunesse imbonerakure ont organisé une fête pour l’échange des vœux de l’an 2017 en commune Ntega en province de Kirundo. Habillés en uniforme de multiples couleurs et rangés en rang militaire, les jeunes imbonerakure ont entonné une chanson qui incite la jeunesse imbonerakure au viol des filles et femmes de l’opposition pour qu’elles mettent au monde des imbonerakure. Cette chanson a été chantée en pleine journée en présence de l’administrateur communal .La vidéo2de cette chanson a circulé sur les réseaux sociaux provoquant des réactions de condamnation dans tous les milieux. L’Union Européenne, les organisations de la société civile, les partis politiques et le Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU Zeid Ra’ad Hussein ont condamné sans réserve le comportement des imbonerakure qui encouragent le viol. Les partisans du pouvoir ont fait croire que la vidéo était un montage fait par les partis politiques de l’opposition pour salir les imbonerakure.
A la surprise générale en date du 5 avril, Madame Nancy Ninette Mutoni,Secrétaire nationale en charge de l’information et communication au sein du parti CNDD-FDD a sorti un communiqué de presse qui condamne le comportement de la jeunesse imbonerakure qui a entonné une chanson qui ne concorde ni avec les mœurs ni l’idéologie du parti .Elle a poursuivi en précisant que la commission de discipline est déjà à l’œuvre pour déterminer les responsabilités afin que les coupables soient sanctionnés3.
Dans la déclaration locale de l’Union Européenne, celle-ci a condamné sans réserve tout appel à la violence sexuelle contre les femmes et filles qui constitue l’une des formes odieuses de violation des droits de l’Homme et un crime contre l’intégrité des femmes et filles.
L’Union Européenne a rappelé la responsabilité première de la protection de la population, en particulier des femmes et des enfants, et le devoir de prévenir et de punir les crimes de violence sexuelle4qui revient au gouvernement.
A cette même date du 1er avril 2017, les manifestations de même allure se déroulaient à Kayanza en présence du Président du Sénat Révérien Ndikuriyo entonnant les mêmes chansons.

2. Rencontre du président du sénat avec la population de Mukunguen commune Nyanza,province Makamba.
En date du 7 avril 2017, le président du sénat a visité la population de la commune Nyanza-Lac,colline Kazirabageni en province Makamba.L’objectif de la rencontre était de remercier la population de la commune Nyanza-Lac qui s’est donnée corps et âme pour traquer les ennemis de la Nation. Dans son discours de circonstance, il est revenu sur les différentes visites effectuées à travers le pays où il a énuméré les différentes localités qui avaient connu de l’insécurité durant les jours passés : « Abantu baguma bazunguruka,umuntu akava muri Mwaro ,ugasanga avuye muza Muramvya akaza kwizungurukira ngaha mubigazi,ni ukumwegeranya.Turashima inkoho ndwimwegeranije kandi mu gacerere ga ni vyiza cane.Igihe twagendera amakomine yose y’i Burundi ,twagendeye hamwe hamwe hari ingorane :
- mu gisagara ca Bujumbura mu makomine yose uko ari atatu,
- mu ntara za Bujumbura,Mukike na Mugongo-Manga,
- mu ntara zaBururi ,Mugamba na Matana,
- mu za Mwaro,Gisozi na Rusaka,
Mugabo ubu vyose bimeze neza.Inkozi z’ikibi zarishikanye,izindi zirafatwa,inkohozira fatwa,izindi barazishira ahantu kugira baje barazitoragura kandi zaratoragowe,mugisagara ni amarame.
Hariho abibaza ko abantu batekereje ngo n’ubusaswa buva ino i Makamba ngo ntagakacira.Jewe ndashima mwarahababishije muzegeranya atangorane ».(Les personnes inconnues qui circulent, une personne quitte Mwaro ou Muramvya et vient errer ici dans les palmerais, il faut le ramasser. Nous vous remercions pour avoir ramassé sept fusils dans le silence. C’est très bien.
Lorsqu’on a visité toutes les communes du pays, il y avait des communes qui connaissaient des problèmes :
- En Mairie de Bujumbura, dans les trois communes ;
- En province Bujumbura,les communes de Mugongo-Manga et Mukike
- Dans Bururi,les communes de Mugamba et Matana et dans Mwaro ,Gisozi et Rusaka.
Mais aujourd’hui, les choses sont en ordre : les malfaiteurs se sont rendus, les autres ont été rattrapés, les fusils ont été saisis, les autres ont été mis quelque part pour faire le triage et ça était fait.
Il ya ceux qui pensent que lorsque les personnes sont calmeils dorment, ici à Makamba rien ne bouge, moi je vous remercie ; vous avez nettoyé et vous les avez ramassés sans problèmes.)
Le discours du président du sénat est venu renforcer celui du gouverneur de Makamba ,Gad Niyukuri qui appelait la population de sa province à arrêter tous les suspects ; ce qui a eu comme conséquences l’arrestation des opposants et des ex-FDN en retraite ou démobilisés.

3. Célébration de la commémoration de la 23ème anniversaire de la mort du Président Cyprien Ntaryamira le 6 avril 2017

En province Cankuzo, commune Cendajuru,la commémoration de la 23ème anniversaire de la mort du Président Cyprien Ntaryamira a été une occasion pour l’administration communale de manifester sa haine contre les opposants .Pendant les festivités de commémoration,l’administrateur communale du nom de Béatrice Niyibaruta a prononcé un discours en présence des représentants des partis politiques au niveau de la commune ,des chefs de services et des administratifs à la base qui n’a rien avoir avec la commémoration de la mort du président .Dans Son discours,elle a accusé les partis politiques d’opposition en général et de la coalition Amizero y’Abarundi en particulier , de travailler en cachette et leur a dit que : « Ugutwi kw’impene kwumva kubabuye »(« L’oreille de la chèvre entend quand elle est grillée »).Pour les avertir, elle leur a dit qu’ils sont toujours surveillés. Il a également averti ses interlocuteurs que tout ce qui va se passer dans sa commune sera au dos de l’opposition. La population en majorité composée par les élèves a été stupéfiée par le comportement de l’administrateur communal qui a profité de la commémoration du 23ème anniversaire de la mort du président Cyprien Ntaryamira pour inciter à la violence. Signalons que les partis politiques qui étaient présents sont le CNDD-FDD, le Sahwanya FRODEBU et l’UPRONA.

4. Manifestations du 15 avril 2017

En province Bubanza,une marche manifestation a été organisée en commune Mpanda,zone Musenyi,colline Gakooù les membres du parti CNDD-FDD manifestaient contre l’immunité de ceux qu’ils appellent putschistes proposée par le co-facilitateur dans la crise burundaise l’ex- Président tanzanien Mr Benjamin MKAPA.
Les membres du parti au pouvoir ont saisi l’occasion pour mener une campagne électorale de 2020.ces activités se dérouleront dans toutes les communes de la province Bubanza dans le but de préparer tous les partisans à voter le parti CNDD-FDD aux élections de 2020.
En commune Gihanga,les manifestations ont été précédées par les travaux communautaires qui étaient organisés à KARWEMA où les jeunes imbonerakure et les autres membres du parti CNDD-FDD faisaient les travaux de finissage à la permanence de ce parti construite à côté de la RN5 BUJA-CIBITOKE.
C’était aussi l’occasion pour le chef d’État Major Général Prime NIYONGABO d’accorder des vivres à la population de ce village, dans le but de partager ensemble la célébration de la fête pascale.
Au quartier Mugomere de la commune et province de Rumonge s’est déroulé une manifestation de dénigrement et de terreur menée par le groupe des jeunes imbonerakure de cette circonscription.A partir de 5h, ils étaient dans la rue en chantant des chansons de dénigrement des hautes autorités qui n’ont pas de mêmes visions avec le parti au pouvoir. Ils disaient par exemple"Tembauragetembamwantunvamwe !"Tuzotwaragushikayezuagarutsekw’isi"Niyombarearagatwarwa n’umuvowuzuyeamazi". (« Vas-y-vous les sourds ! »On va diriger jusqu’au retour de Jésus sur terre « Que Niyombare soit coulé par le buisson rempli d’eau ».A la tête de ces activités il y’avait le chef du parti CNDD FDD de ce quartier appelé Nduwayo Jean Claude et le chef de la ligue imbonerakure Euphrème Ndikumana.

5. Manifestation du 22 avril 2017 pour soutenir le gouvernement

Samedi le 22 avril 2017, les organisations dites de la société civile en collaboration avec l’administration ont organisé les manifestations dans toutes les provinces dans le but de soutenir le gouvernement de refuser l’immunité à ceux qu’ils ont appelé les putschistes et se montrer hostiles au Gouvernement rwandais qui soutient les putschistes.
En province Muyinga, les manifestations se sont déroulées au chef- lieu de la commune Muyinga sous la conduite de l’administrateur de la commune,Philippe Nkeramihigo.Le début de la manifestation qui était prévu à 7h00 au rond-point de Mukoni a eu lieu à 10h00 à cause du retard des manifestants. Ils sont alors descendus vers le centre-ville, et plus précisément dans les alentours de la permanence du parti au pouvoir (CNDD-FDD)où le mot du jour a été prononcé par l’administrateur de la commune Muyinga, Monsieur Philippe Nkeramihigo. Son discours était centré sur l’inopportunité de négocier avec les putschistes criminels, et encore moins de les amnistier. Cela ne se fait nulle part au monde, pourquoi le ferait-on au Burundi ?a-t-il martelé. Son discours est revenu surtout sur les slogans et chansons scandés pendant la marche comme « Turiyamirijeurwandarugumarufata mu mugongoabashatseguhirikaubutegetsi.Urwanda ntacigwa rwoduha ,E.A.C nireke gushigikira ibitagiramvura,ntakuganira n’abicanyi !(Nous dénonçons le Rwanda qui continue à soutenir les putschistes .Le Rwanda n’a pas de leçon à nous donner. Que l’EAC ne continue à soutenir les choses sans valeur, on ne négocie pas avec les tueurs ! »
En Mairie de Bujumbura, les manifestations se sont déroulées en commune Mukaza,Zone Rohero sous la conduite des organisations de la société civile proche du parti CNDD-FDD à la tête,la Ligue Izere-Ntiwihebure,PISC-Burundi .
Même si les organisateurs avaient déclaré que les manifestants étaient des membres de la société civile, il a été constaté que la plupart étaient les membres de la ligue des jeunes IMBONERAKURE, les agents du service de renseignement ainsi que les responsables administratifs à tous les niveaux.

Les manifestants dansent

Les manifestants se sont rencontrés sur la place de l’indépendance avant de continuer leur marche en passant par l’avenue de l’Université avant de faire un sit-in devant la maison qui abrite l’ambassade du Rwanda au Burundi. Des chansons et slogans humiliant le président Kagame ont été entonnés par les manifestants avant de rejoindre l’avenue de la JRR ,Clinique Prince Louis Rwagasore ,BRB et rejoindre la place de l’indépendance.
Des pick-up militaires et policiers sillonnaient toutes les avenues de la ville mais aussi des camions militaires et policiers étaient garés tout autour de l’ancien marché central.
Beaucoup de policiers et militaires ceinturés la ville et toutes les activités ont été suspendues et même les bus de transport en commun ne pouvaient pas arriver dans les parkings habituels.
Des slogans et chansons comme « Tuzorurwana kandi turutsinde » (nous allons faire la guerre et vaincre), « Kagame tuzomumesa »(nous allons lessiver Kagame) « ,Nkurunziza yaratabaye igihugu » (Nkurunziza a sauvé le pays )ont été chantés pendant leur marche. Le discours de circonstance a été prononcé par le Président de PISC-Burundi,Gilbert Bécaut Njangwa.Dans son discours, il a demandé au gouvernement et au parlement d’être ferme et de refuser l’amnistie aux putschistes car ils devront répondre de leurs actes devant la justice .

La plupart des manifestants brandissent des banderoles

En province de Gitega, une marche-manifestation pour protester contre des « mesures injustes que la communauté internationale prend contre le Burundi » et « soutenir le gouvernement burundais pour son boycott de dialogue avec des putschistes » a été organisée par l’administration provinciale et les députés élus dans cette circonscription.
Les députés élus dans la circonscription de Gitega ont pris les devants dans la marche où les manifestants scandaient des slogans contre le CNARED (opposition radicale) qui, ces derniers jours, est en train de demander à la facilitation de l’ancien Président tanzanien Benjamin Mkapa dans le dialogue inter-burundais d’Arusha de prendre des sanctions contre le Burundi.
Les manifestants demandaient par ailleurs aux chefs d’Etats de la Communauté Est africaine de refuser la parole au président rwandais de s’exprimer sur le Burundi car, disaient-ils, « il ne peut pas être juge et partie dans la crise burundaise ». Ils leur ont demandé également de rapatrier le dialogue d’Arusha sur le Burundi à Bujumbura.
Avant cette manifestation, le Président de la République, Monsieur Pierre Nkurunziza s’était joint, à cette population dans les travaux communautaires pour la réhabilitation du stade provincial de Gitega.
Au milieu d’une foule immense, à dominance d’une population jeune, M. Nkurunziza a participé à la fabrication du béton destiné à la construction des colonnes pour renforcer la clôture dudit stade.
Parmi les personnalités qui avaient répondu au rendez-vous figuraient notamment les représentants du peuple élus dans la circonscription de Gitega, le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, la miss Burundi 2016 et ses dauphines, 400 jeunes qui venaient de terminer les activités d’une conférence nationale à laquelle ils avaient été conviés depuis le 20 avril ainsi qu’une population issue du centre urbain de Gitega et ses parages.
Signalons que la conférence qui venait de se clôturer avait été ouverte par le Président de la République.
En prenant la parole, il a dit aux jeunes présents qu’ils sont les piliers du développement raison pour laquelle ils n’ont pas à s’inquiéter sous prétexte que les bailleurs de fond ont suspendu de l’aide. « Le Burundi a une chance exceptionnelle : alternance soleil-pluie ce qui permet une production sans faille »a-t-il ajouté.
En plus, il leur a communiqué que dans les jours à venir, une banque pour financer les projets des jeunes sera mise sur pieds, et ceci rentre dans la politique du pays de promouvoir le développement de la jeunesse.
A Cankuzo,la manifestation a eu lieu au chef- lieu de la province Cankuzo, une marche manifestation organisée par l’administration provinciale, après les travaux communautaires au stade de Cankuzo. Etaient présents les députés et sénateurs du CNDD-FDD élus à Cankuzo ,les hauts cadres travaillant à Bujumbura et ailleurs, tous les administrateurs et tous les chefs de services provinciaux membres du CNDD-FDD ,des imbonerakureansi que quelques membres des organisations de la société civile proche du pouvoir dit « nyakuri » . Un nombre impressionnant de militaires du camp et brigade Mutukura et un arsenal de policier était présent lors de ce rassemblement

Les militaires du camp Mutukura défilent


Signalons que la population avait répondu à l’appel des travaux communautaires pour la construction de la clôture du stade de Cankuzo. A la surprise de tout le monde, ces travaux ont été terminés par un attroupement où on a sorti les banderoles cachés. Sur ces banderoles, on pouvait lire les mots tels que :
- Turashimiye leta y’Uburundi itemeye kwicarana n’abansiba démocratie i Harusha bashatse gutembagazaubutegetsi kuwa 13/05/2015.(« Nous remercions le gouvernement du Burundi qui a refusé de s’asseoir avec les ennemis de la démocratie à Arusha et qui ont voulu renversé les institutions le 13 mai 2015 »)
Turashigikiyeinzegoz’umutekanozahagazeigihebashakagusenyainzegozitorewen’abenegihugu. (Nous soutenons les forces de sécurité qui ont déjoué ceux qui voulaient renverser les institutions élues par le peuple. »
- Turiyamirije ikigogwe kiriko gisabwa n’abashatse gutembagaza ubutegetsikuwa 13/05/2015.(« Nous rejettons l’immunité aux putschistes du 13 mai 2015. »)

Slogans des manifestants

Cette marche manifestation a commencé depuis le stade jusqu’au terrain de Volley Ball. Durant cette marche sur à peu près deux kilomètres, la population se retirait s’éclipsait un à un.
Arrivé au terrain de Volley Ball, moins de cinquante manifestants ont entonné des chassons qui faisaient éloge à l’armée et à la police.
Il ya pas eu de discours, mais le gouverneur de Cankuzo du nom de Désiré Njiji a demandé aux sénateurs et aux députés de saluer la population présente et a également exhorté les natifs venus des différentes localités du pays à travailler via les travaux communautaires et Cankuzo pourra être la première province du Burundi plus développée.

En province Bubanza,au chef- lieu de la commune GIHANGA,tous les partisans du CNDD-FDD,au niveau provincial,se sont réunis pour manifester contre le Coo- facilitateur,le Rwanda et le représentant de l’onu au département du droit de l’homme Monsieur Zed Ra’Ad Hussein.
La marche manifestation a commencé au niveau de la commune et la destination était Karwemaoù se trouve la permanence du parti CNDD-FDD.
On avait obligé tous les manifestants de ne pas porter les habits du parti pour montrer la communauté internationale que c’est le peuple qui a manifesté et pas les imbonerakure.
Les manifestants transportaient des pancartes sur lesquelles est écrit :
- disons non à l’immunité aux putschistes proposée par lefacilitateur Mr Benjamin MKAPA ;
- rejetons le Rwanda qui a accordé l’exil aux 34 putschistes ;
- rejetons les propos de Zed Ra’Ad HUSSEIN qui soutiennent l’opposition et les 34 présumés putschistes ;
- remercions Nkurunziza et son gouvernement qui ont refusé de négocier avec les putschistes.
Après cette marche manifestations, tous les manifestants ont porté (s’habiller)les habits du parti et on a procédé aux cérémonies de l’ouverture de la permanence du parti construite à la colline Karwema au bord de la RN5 Bujumbura-Cibitoke.

Les manifestants participent à l’ouverture de la permanence à Karwema

Cette fête était animée par chansons glorifiant le président NKURUNZIZA et le parti CNDD-FDD. Les invités d’honneur dans ces cérémonies étaient :
- le Président de l’Assemblée Nationale Nyabenda Pascal,
- le vice secrétaire général du parti au niveau national Mr Ntakirutimana Joseph,
- le ministre de l’énergie et mines Mr ManirakizaCôme,
- le président du parti CNDD-FDD en province Cibitoke ,
- les députés et sénateurs natifs de la province Bubanza.
Dans son discours de circonstance, le vice- secrétaire du parti au niveau national Mr Joseph Ntakarutimana a félicité et remercié les bagumyabanga de la commune Gihanga pour le pas franchi en construisant une permanence si vaste.
Côté politique, il a répété les mots lancés par les manifestants que le parti au pouvoir et le gouvernement ne sont pas prêts à négocier avec les putschistes, que le président de la république n’a pas le droit d’accorder l’immunité aux présumés putschistes.
Comme dans les autres provinces du pays, la province Ngozi a elle aussi organisé les manifestations au chef- lieu de la province. Les manifestations ont été précédées par les travaux communautaires organisés au stade provincial. Les slogans et chansons qui étaient scandés ne diffèrent en rien de ceux des autres provinces sauf que le Gouverneur de la province Ngozi a demandé l’application de la résolution 2279 de l’ONU.

6. Commémoration de la 45ème anniversaire du « génocide des hutu »

Le mois d’avril est marqué au Burundi par la commémoration de plusieurs événements qui se sont passés dans le passé lointain ou proche. Pour cette année, l’événement de grand envergure a été celui de la commémoration du génocide des hutu par le collectif des victimes et survivants du « génocide hutu de 1972 », avant et après. Cette activité a été organisée par la coordination nationale du collectif pendant trois jours comme on le remarque sur l’invitation adressée aux organisations et sympathisants du collectif.

A Bujumbura les activités ont commencé par une marche manifestation où les membres du collectif se sont rencontrés en zone Rohero au monument du soldat inconnu avec à la tête le coordinateur national, François Xavier Nsabimana.Sur les pancartes on pouvait lire des slogans comme :
1 Reconnaitre la date du 29 Avril comme une journée nationale de commémoration des massacres hutus
2 Indemniser les victimes et les survivants de ce génocide
3 Rendre justice des leurs :
4 Criez « justice »ce cri sera entendu

Les manifestants se rassemblent au monument du soldat inconnu

La marche manifestation silencieuse les a conduits jusqu’à l’Hôtel source du Nil où était prévu une conférence publique suivie d’un débat de tous les invités. Avant de rejoindre l’Hôtel, les manifestants ont passé sur la place des martyrs de la démocratie communément appelé « chez Ndadaye » .Sur cette place, des germes de fleurs ont été déposé sur les tombes des défunts

Les activités du 29 avril ont été marquées par une messe dite à la Paroisse Guido Marie Conforti de kamenge suivie par les témoignages des victimes et témoins du « génocide hutu de 1972 » comme l’affirme le coordinateur national du Collectif.
La commémoration a été clôturée par la pose de la première pierre sur le site Mémorial du « génocide hutu de 1972 »à Nyamugari en commune Giheta.
Ces activités organisées ont été critiqués par les organisations de la société civile et les partis politiques de l’opposition qui trouvent que le parti au pouvoir et les organisations de la société civile proches du pouvoir ont tendance à politiser la crise de 1972.

7.Conclusion
Les manifestations organisées à travers tout le pays chaque samedi ou lorsqu’il y a un rapport qui dénonce les exactions commises par le pouvoir n’ont que le seul objectif de canaliser la population autour d’une seule idéologie du parti CNDD-FDD .Ces manifestations font perdre le temps à la population d’autant plus que la population passe des heures et des heures dans la rues sans vaquer à leurs activités. L’économie qui était agonisante en souffre davantage A côté du temps, la population va dans ces manifestations sans en être convaincu mais pour sauver la vie ce qui craint une méfiance entre la population. L’organisation des manifestations dénote deux poids deux mesures d’autant plus ceux qui ne sont pas proches du pouvoir ne peuvent pas s’exprimer librement à travers les manifestations.
8. Recommandations
Le gouvernement doit :

  1. Laisser les autres formations politiques et la société civiles exercer leur droit civil et politique en toute liberté
  2. Garantir la sécurité de tout le peuple burundais
  3. Laisser la population burundaise vaquer à ses activités en toute liberté
  4. Bannir les discours et les slogans de la haine dans tous les lieux publics
  5. Ne pas ethniciser et politiser les événements de l’histoire du Burundi

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